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  awe ▼ quand l’innocence termine, la fierté commence.

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safari lunaire
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Messages : 58
Date d'inscription : 08/05/2016

MessageSujet: awe ▼ quand l’innocence termine, la fierté commence.   Jeu 18 Jan - 20:21


amadeus w. everson
"J'ARRIVE, PAS TRÈS FIER DE MOI, L'ACIDE NE M'AURA PAS TUÉ"
 

Bonjour ou bonsoir, mes p'tits lapins sucrés. Mon nom à moi, c'est amadeus william everson ! Je ne supporte pas les surnoms, mais si vous y tenez vraiment vous pouvez m'appeler deus. Je suis né le 13 juin 1989 à liverpool, en angleterre et j'habite londres, dans le très particulier quartier de camden town. Je suis un jeune canard de 25 ans, classe non ? Un petit secret pour la route ; je suis pansexuel et présentement célibataire. Dans la vie je suis  actuellement étudiant à central film school plutôt fauché et mon rêve le plus fou serait d'être artiste-peintre ou réalisateur. On me dit souvent que je ressemble à xavier dolan, en plus sexy. Parlant de sexyness, je fais partie du groupe single ticket, et nous y sommes tous très sexys. Par contre, je pense que vous devriez savoir que je suis carrément narcissique et franchement méprisant.



porcelina of the vast oceans.the smashing pumpkins


le physique
"JE NE M'ÉTAIS JAMAIS APERCU QUE NARCISSE ÉTAIT BEAU" paulo coelho

Il regarde son reflet dans le miroir embué de sa salle de bain. Il s'observe, se contemple. Il s'admire. Ses cheveux noirs, encore mouillés, collent à son front humide, dessinent de petites lignes et de petits cercles sur sa peau basanée. Il les repousse de ses doigts maigres et osseux, comme le reste de son corps. Il n'est pas très grand, pas très gros, mais il s'aime comme ça. Il aime discerner toutes les côtes sous sa peau, le bord de ses hanches qui dépasse en dessous. Il aime la légèreté qu'il ressent, comme un vide en lui, un vide qu'il n'a pas besoin de combler, un vide qui fait partie de lui et le complète. Un vide pour faire place à l'inspiration et la créativité. Un vide pour qu'il soit moins seul. Lentement, il passe une main derrière son cou, puis dans ses cheveux, qui sèchent et commencent à boucler, et regagnent de leur couleur plus claire. Il se regarde dans les yeux. Ils sont vifs, ardents ; le marron qui contourne sa pupille est parsemé de petites taches brunes plus ou moins foncées, et le blanc de son œil est décoré de quelque veines rouges qu'il a eu par son manque de sommeil. S'il s'approche assez, il peut apercevoir quelques taches de nicotine dans le coin de ses yeux. Il se sourit, tire la langue, ouvre la bouche. Il regarde ses dents. Elles sont longues, plutôt droites, légèrement jaunes. Son sourire est caractéristique. Son rire ne l'est pas moins. Ses lèvres ne sont ni trop fines, ni trop épaisses. Il s'aime comme ça. Il passe une main sur son menton, sur des joues. Il peut sentir le léger picotement de sa barbe de deux jours. Il ne la laisse jamais pousser plus, il aime quand elle est fine, discrète. Il frissonne légèrement, frottant ses bras pour se réchauffer. Ceux-ci sont décorés de quelques tatouages, certains sur l'épaule, d'autre sur l'avant-bras ou encore dans l'intérieur de son coude. Il aime ses tatouages. Ça le rend plus beau encore. Il ramasse un des t-shirts qui tapissent le sol et l'enfile. Il est noir, simple. Comme la plupart de ses vêtements. Il recouvre ses jambes glacées de son jean gris, retroussant légèrement le bas pour qu'il soit à sa taille. Il aimerait s'habiller de façon plus classe et somptueuse, mais il n'a pas les moyens, alors il se contente du jean t-shirt et parfois chemise. Il enfile un anneau à une oreille, un clou pour l'autre. Il frotte ses cheveux hâtivement, tentant de les faire sécher plus vite, tout en glissant ses pieds dans ses vieilles converses. Il met ses bagues, enfile sa veste en cuir, réajuste le col. Il pose ses wayfarer sur son nez, les pousse d'un doigt pour qu'elles touchent son front. Puis il les retire. Il ne voit pas super bien sans, mais parfois il n'aime juste pas les porter. Il se regarde une dernière fois avant de quitter son appartement, se fait un clin d'œil. Il est beau.
le caractère
"CAUSE I KNOW I'M NOT EASY TO DEAL WITH SOMETIMES" frnkiero atc

Amadeus a beau être ambitieux, appliqué et passionné, il ne prend pas la vie au sérieux. Pour lui tout est drôle, risible, cocasse, limite ridicule. Après tout, pourquoi faudrait-il vivre de façon triste et sobre quand on peut rire de tout et consommer de l'alcool sans se soucier de rien ? Jenfoutiste dans l'âme, impétueux et négligeant, il ne s'empêche pas de vivre, il voit le monde comme un terrain de jeu conçu rien que pour lui, les gens qui y habitent sont ses objets, ses jouets : il s'amuse. Il est mieux que tous ces gens qui avancent dans la même direction en ne regardant que leurs pieds, il est mieux que tout le monde et il le sait. Il sait tout mieux que tout le monde aussi, enfin ça c'est qu'il se dit, parce qu'au fond aux yeux des autres, il n'est qu'un gosse hautain et méprisant, puéril et immature au dessus de ça. Il inspire plus la haine que l'amour, en général, quand on apprend à le connaître, car il se révèle franc et vulgaire, carrément indiscret. En plus il est complétement individualiste, orgueilleux et prétentieux : éternellement vaniteux, odieux, imbu de lui même, arrogant sur les bords. Il est également opportuniste, arriviste et manipulateur, bref, il est prêt à tout pour sa propre réussite, et il en dévient carrément égoïste. A part ça il a un tempérament plutôt calme, souvent décontracté dans presque toutes les situations ; c'est le type toujours « chill » qui fume au fond et qui a le don d'en énerver un certain nombre. Il ne va pas vraiment vers les autres, malgré sa nature sociale et son assurance : il préfère la solitude, il aime pas perdre son temps avec des imbéciles, et il est complètement entêté surtout. Comme si ça ne suffisait pas, il a des tendances imprudentes et spontanées, il se retrouve souvent impulsif et bagarreur, parfois même auto destructif. A part le sexe, l'alcool, les drogues et les cigarettes, sont seul moyen d'évasion, c'est l'art ; il aime peindre, dessiner, s'exprimer. Il est franchement créatif et artistique au fond, et c'est ce qui lui a permis d'être plus persévérant dans la vie, plus patient, investi. Il est très méthodique, impliqué, astucieux quand il le veut. Mais il en devient parfois obsessionnel et compulsif ce qui le détruit. Le reste du temps, il retrouve ses tendances flemmardes, fainéantes, limite lymphatiques parfois. Il est indépendant mais irresponsable, il ne sait pas vraiment prendre ses responsabilités mais il s'en fout. Le rejet total des autres être humains, sont frère compris, dont il a souffert l'a rendu assez susceptible, facilement vexable. Il est également plus rusé, drôle, charismatique : c'est son seul moyen de se faire aimer à première vue. Mais au fond il se révèle complètement inatentionné, cynique et acerbe. Il est par moment de tempérament aigri et blasé, froid et intransigeant. Il est dragueur, pervers, machiste, franchement joueur et profiteur. Mais en vrai c'est une nature sensible, il est plutôt distrait, énigmatique. Quand on sait le trouver. Niveau relations il sait pas très bien s'y prendre, que ce soit amour, amitié ou ambiguïté. Il agit sur l'impulsion, sur son adrenaline du moment, le temps qu'il fait, il ne réfléchit pas vraiment à ce qu'il fait. Il est vu comme potentiellement dangereux mais bien qu'insouciant il est surtout audacieux et téméraire, et ça, a priori, ça a tendance à plaire pas mal.

l'histoire
"SI ON NE S'AIMAIT PAS TANT SOI-MÊME, ON SERAIT TOUJOURS SEUL" boris vian
acte i : merseyside
On dit que Liverpool est une ville plutôt malfamée. Non, on dit que Liverpool est une des villes les plus malfamées d'Angleterre. Ce n'est pourtant pas ce qui a empêché ses parents de partir de Londres pour vivre là, dans le quartier de Merseyside en plus. Il a grandi entre deux clochards, élevé par des alcooliques et baffé à coup de mains rigides qui puent la clope. Il a évolué dans un quartier sombre et mal fréquenté, s'est developpé dans la pauvreté et la saleté. Lui, et son frère Theophilus, habitués à dormir sur des matelas aplatis, à aller à l'école à pied, tous les jours, à voler des vêtements dans les laveries automatiques pour pouvoir bien s'habiller quand ils allaient à la messe du dimanche, subissaient leur vie difficile sans jamais se plaindre. Ils s'étaient pliés,  écrasés sous les contraintes et les impuissances de leur situation économique. Ils n'avaient jamais connu plus facile, donc tout ça était normal pour eux, habituel. Et ils n'avaient rien pour comparer.

Depuis l'âge de treize ans, Amadeus passait sa vie dehors, dans les rues. Il ne supportait plus cette toute petite maison dans laquelle il étouffait. Il avait besoin de prendre l'air, tout le temps, il ne pouvait pas rester cloîtré dans ce taudis, il devait sortir, marcher, même en hiver quand il faisait froid, même quand il pleuvait. Il avait besoin de voir des gens, en fait, même s'il ne voyait pas grand monde après tout, vu qu'il ne s'était fait aucun ami dans les alentours même après quatorze années de vie là. Enfin, il avait rencontré un chat, ces petits êtres que l'on qualifie d'ingrats et de mesquin, il avait réussi à éprouver de l'amour pour ce tas de poil, plus d'amour que celui qu'il portait à la race humaine toute entière. Hormis son frère, mais son frère, deux ans de moins, pré adolescent puis adolescent hormonal ne le divertissait pas comme le faisait le petit animal. Sans lui adresser un mot, il avait appris à le connaître, à l'apprécier, et s'était prit d'affection pour lui. Il avait pris pour habitude de le retrouver à l'angle après la gare ferroviaire, là où il semblait rester la plupart de son temps, lui apporter quelque chose qu'il avait trouvé pour le nourrir comme il pouvait et d'embrasser le bout de son oreille gauche.

« T'étais où toi ? »

C'était l'accueil agréable de sa mère, qu'il entendait tous les jeudis soirs, vu que tous les jeudis soirs, elle rentrait plus tôt de son boulot de merde. Et tous les jeudis soirs, c'était la même chose, il y avait pas moyen qu'on lui lâche les basques pour une fois.

« Dehors. »

Son frère le regardait de la table de la cuisine, stylo en main. Theophilus était plus sérieux niveau scolaire, il bossait vraiment, il faisait de son mieux. Amadeus se cassait la gueule dans toutes les matières. Amadeus n'aimait pas ça, l'école. Amadeus préférait peindre.

« Qu'est ce que tu foutais dehors ? »

C'était l'accueil pénible. Il haussait les épaules.

« Ta chemise est trempée ! Qu'est ce que tu foutais dehors par un temps pareil ? »

ziggy stardust, david bowie
Il ne répondait pas. Il préférait ne pas répondre. Il préférait partir dans la salle de bain profiter du peu d'eau chaude qu'il restait. Après sa douche, il aimait fixer la glace embuée, attendant que la condensation se dissipe. Une fois propre, le miroir le reflétait, et il se découvrait, se redécouvrait, s'admirait. Il pouvait passer des heures à se regarder dans ce verre humide, il n'avait jamais rien vu d'aussi beau que ce visage, cette peau, ces cheveux, ce corps. Il s'aimait comme on aime un dieu, il se voyait tel un dieu, Il était Dieu. Il était tombé amoureux de Dieu dans cette salle de bain défraîchie dont il manquait la moitié des carreaux.
Si Narcisse était tombé dans l'eau du ruisseau isolé en tentant d'atteindre son reflet, Amadeus, lui, serait tombé dans une salle de bain, son corps froid contre le carrelage froid. Son amour avait naquit dans une salle de bain, il périrait dans une salle de bain, trempé par une aiguille infectée. Il avait commencé à s'injecter à l'âge de quinze ans. Dès lors, sa vie n'était pas la même. Cette nouvelle découverte de substance coincidait parfaitement avec la découverte d'une nouvelle drogue, une dont il ne connaissait pas l'existence.

acte ii : karyn
Il l'avait rencontrée un soir d'automne, alors qu'il avait passé son après midi avec le chat errant. Elle était sortie sur le porche de sa maison, ses bras serrés contre elle, elle regardait nerveusement les alentours, comme si elle cherchait quelque chose. Amadeus ne l'avait pas encore remarquée. Finalement, les yeux de la jeune fille s'étaient arrêtés sur lui, et le chat, et elle l'appela.

« Apollon ! »

Il s'était retourné la deuxième fois. Sa voix aigue était presque inaudible quand elle traversait l'air épais. Il la regarda un moment puis vit que le chat, qui portait le nom d'Apollon du coup, la rejoignait chez elle. C'était son chat.

« Eh ! C'est ton chat ? »

Elle se retourna et haussa les épaules.

« Non. »

Amadeus la regarda un moment, fronçant les sourcils. Il s'approcha d'elle, la tête inclinée, un sourire aux lèvres.

« Moi c'est ...
- Je m'en fous. »

Il la regarda encore. Elle le fixait d'un air blasé. Elle était belle. Ses yeux, marron, presque fermés, ne le regardaient pas réellement ; on eut dit qu'ils étaient vides, aveugles. Ils ne le voyaient pas. Ils l'ignoraient. Elle l'ignorait.

« Karyn ! » appelait une voix depuis la maison de la jeune fille.

Cette dernière écrasa sa cigarette contre le mur du bâtiment et se retourna sans accorder un regard au jeune homme. Amadeus avait retrouvé son sourire.

« Aurevoir, Karyn ! »

dosed, red hot chili peppers
Amadeus plongeait dans l'alcool. Il redoublait deux fois. Ses parents ne lui adressaient plus la parole.
Il cherchait à sa vie une raison d'être, un objectif. Il sentait que ses addictions ne le menaient nulle part et il se languissait d'un rêve à accomplir. Il se languissait d'une jeune fille qu'il avait rencontrée un soir d'automne, il se languissait de ses cheveux bruns crépus, sa peau brune, ses yeux marron en amande. Dès qu'il fermait les yeux, elle apparaissait devant lui, riante, pleurante, et il essayait de la noyer avec plusieurs gorgées brûlantes. Il descendait bouteille sur bouteille, assis sous ce pont gris et sale. Les jours étaient longs, les nuits aussi. Le souvenir de cette jeune fille éthérée le mettait dans un état d'ivresse qu'aucune boisson n'eut pu imiter. Il s'insultait de s'être laissé tomber amoureux de quelqu'un d'autre que lui même. Il essayait d'oublier. C'est une nuit d'été qu'il céda. Il tituba jusqu'à la maison de sa douce, en état complet d'ébriété, jeta des cailloux à sa fenêtre. Elle ne remuait p as. Il l'appelait.

« Karyn ! Oh Karyn ! »

Il levait sa bouteille, tournant sur lui même, criant ce nom qui lui brûlait la gorge plus que ses cigarettes. La fenêtre du deuxième étage s'ouvrit enfin, et la déesse dont il s'était morfondu apparut devant.

« Quoi ? »

Amadeus arrêtait de danser, il levait la tête, regardait cette créature sublime, la désirait. Il lui fit son plus grand sourire, s'approcha de la maison, l'admira.

« T'es là ? »

La jeune fille le fixait dans l'obscurité. Le garçon s'approchait, la contemplait, essayait de grimper sur le mur.

« Non. »

Il riait aux éclats. Il lui montrait ses dents, sa langue, plissait les yeux pour mieux la discerner.

« Eh ! Tu veux baiser ? »

Elle haussait les épaules, le regardait indifféremment. Puis elle fermait ses volets, et quelques secondes après la porte d'entrée s'ouvrait.

Cette nuit là Amadeus fit l'amour pour la première fois.
Au petit matin, la sublime créature s'était habillée, elle s'allumait une clope en se mettant du rouge à lèvres. Il la regardait depuis le lit, encore enivré de son parfum.

« Tu vas devoir partir, je pense. »

Il la regardait de façon perplexe, encore endormi. Elle se coiffait les cheveux, plaçant quelques tresses entre ses mèches à une vitesse plus que divine.

« Eh. Faut que tu foutes le camp. »

Il s'étirait, baillait, regardait autour de lui, quand ses yeux s'arrêtèrent sur le petit réveil de chambre dressé à trente centimètres de son visage.

« Putain mais il est cinq heures du matin tu te fous de ma gueule ? »

Il se frottait les yeux. Son crâne lui faisait mal. La jeune fille ne semblait pas plus intriguée et remuait, faisant un boucan pas possible.

« Non. Je préfère qu'on se tire avant que mes darons ne se lèvent. »

Elle s'approchait de lui, retirant la couette d'un geste brusque, découvrant le corps pâle de Narcisse endormi. Il se cachait les yeux, ébloui comme si elle était le soleil.

« Allez. Bouge. »

Il s'empressait de se lever et de s'habiller sous ce ton menaçant. Une fois prêts, ils sortaient rapidement et rejoignaient la rue en riant. La jeune fille avait repris de son allégresse de la veille.

« Bon, tu veux faire quoi ? »

acte iii : les passionnés
Il la regardait en souriant, pensant un moment. Il proposa finalement de visiter la vieille maison récemment délaissée dans la rue en face de chez lui. Elle accepta joyeusement et ils y coururent ensemble.

« Eh, regarde ! Il y a des craies.
- Et alors ? »
fit Karyn en rigolant.

Il se relevait, une craie sale entre ses doigts. Il s'approchait ensuite de la porte menant au salon, qui tenait à peine debout.

« Je pourrais te dessiner. »

Elle le suivait, curieuse, intriguée et regarda la porte blanche.

« Tu sais dessiner, toi ?
- Oui. Tiens, mets-toi là. »


Elle protestait, les sourcils froncés et le nez retroussé, mais il posa un doigt gris sur ses lèvres. Elle soupira finalement et s'assit par terre, le dos contre le mur, le regardant d'en bas.
Et il la dessinait. Il traçait les traits parfaits de son visage, ombrait les bords, tentait de recréer cette beauté sublime qui posait pour lui. Il imitait les boucles de ses cheveux, la forme de son visage et de ses yeux, son expression, son sourire léger. Quand il eut fini, il lui fit signe de s'approcher, lui offrant un grand sourire, fier de lui. Elle le rejoignit, ouvrant de grands yeux lorsqu'elle aperçut les traits noirs qui recouvraient la porte.

« Putain mec, tu dessines vraiment bien !
- Je sais. »


Elle fixait le tableau, bouché bée, ne faisant pas attention à sa réponse débordante de modestie.

« Mais t'as appris où ?
- J'ai pas vraiment appris. Je dessinais sur mes cahiers en cours. Ça me plaisait. Je le fais toujours, mais maintenant je préfère peindre. »


Il n'avait jamais admis sa passion. Il n'en avait pas honte, mais il ne savait pas si les gens comprendraient. C'était son secret, depuis longtemps maintenant, et à présent il avait quelqu'un avec qui le partager. Presque tous les jours, la jeune fille le retrouvait et il la dessinait, la peignait, la photographiait. Pour lui, elle était une œuvre d'art à elle même. Il s'éloignait encore plus de son frère, ce qui le rendait triste mais le soulageait d'une certaine manière. Il n'allait plus en cours, ne sortait plus, ne mangeait plus autant. Karyn avait donné une raison à son existence, un but à sa vie, et plus rien n'avait d'importance.

« Deus ? »

Il relevait la tête de son travail. Theophilus, assit sur son lit, le regardait à travers les longues mèches noires qui recouvraient ses yeux. Il se rongeait les ongles, reposant son coude sur un genou replié.

« Ouais ?
- Je peux te parler d'un truc ? »


Le jeune artiste se releva et alla s'asseoir près de son frère. Ils se parlaient rarement, beaucoup moins qu'avant, mais Amadeus ressentait toujours un amour inconditionnel pour son cadet.

« Ouais bien sûr. Dis moi, qu'est ce qu'il se passe dans ta tête ? »

Il levait les yeux vers lui, abandonnant son ongle déjà rongé jusqu'au sang. Il avait l'air gêné, timide, hésitant. Il lui faisait de la peine, comme ça.

« J'ai ... Il y a quelqu'un dans ma classe qui me plaît. Et ... Je sais pas comment faire pour qu'il me remarque. »

Amadeus le fixa un moment. Il venait de lui avouer qu'il était gay, ou au moins qu'il était attiré par les hommes, et ça, c'était pas rien. Son frère n'aurait jamais pu avouer ça à leurs parents, chrétiens jusqu'à l'os, ils l'auraient foutu à la porte. Le cadet avait choisi de se tourner vers son grand frère, lui demandait conseil, et Amadeus ne pouvait s'empêcher de se sentir flatté. Il se sentit brusquement curieux et voulait en savoir plus sur ce mystérieux bonhomme.

« Il s'appelle comment ? Il a ton âge ? Il ressemble à quoi ? »

Theophilus lui souriait timidement, grattant l'arrière de son cou.

« Il s'appelle Jude. Il est un peu plus vieux je crois. Il est ... Il est mignon. »

Le jeune artiste ébouriffa les cheveux de son petit frère, rigolant doucement.

« Va lui parler ! Tu penses qu'il aime les mecs ?
- J'en sais rien. Il me regarde souvent en classe j'ai l'impression ... »


Amadeus était content pour son frère. Il était content qu'il ait quelqu'un dans sa vie, quelqu'un à qui penser, quelqu'un avec qui partager ce qu'il aimait. Il était content pour lui mais en même temps il ne pouvait s'empêcher de se sentir jaloux. Il ne voyait plus sa déesse basanée autant qu'avant, elle passait beaucoup de son temps avec d'autre gens et faisait moins attention à lui. Elle lui manquait énormément, elle avait comme laissé un vide à l'intérieur de lui, et même quand elle était là il avait l'impression qu'elle était vraiment très loin. Il n'était pas du type « émotions et sensibilité » et refusait d'en parler avec elle. Après tout, ce n'était pas sa copine, ils n'avaient en rien officialisé la nature de leur relation.

Le temps ne fit qu'empirer les choses. S'ils se parlaient peu avant, maintenant ils passaient leur temps à s'engueuler. Elle ne le supportait plus, ne supportait plus son ambition, son narcissisme, ses tendances obsessionnelles. Elle ne supportait plus son art. Il ne supportait plus son manque de tendresse.
Elle piquait des crises, le foutait à la porte, menaçait de détruire tous les dessins qu'il avait faits d'elle. Dehors, en dessous de sa fenêtre, serrant ses bras contre lui pour se réchauffer, il levait la tête, criait son nom, encore et encore, le laissant lui brûler la gorge jusqu'à ne plus la sentir, comme le premier soir.

« Karyn ! Karyn ! Karyn ! »

Une épaisse buée blanche sortait de sa bouche à chaque cri, les poils de ses bras se hérissaient, il commençait à trembler. C'était l'hiver et il avait froid.

« Karyn ... » soupira - t - il doucement, se sentant s'affaiblir.

La fenêtre de la jeune fille s'ouvrit, et celle-ci se penchant pour le regarder. Elle était fatiguée, décoiffée, et on pouvait apercevoir des lignes poisseuses descendant de ses yeux.

« Qu'est-ce que tu veux, » murmura t - elle d'une voix blanche.

Il la regarda longtemps, sentant ses yeux picoter légèrement. Il s'approcha enfin, posant une main sur le mur de sa maison, et tenta un léger sourire.

« T'es là ?
- Oui. »


Elle le regardait tristement, et quelque chose s'était éteint dans ses yeux. Ils étaient de nouveaux aveugles, ils ne le voyaient plus.

« Tu ne m'aimes plus, alors ? »

Elle ferma les yeux, reniflant doucement, et le jeune garçon la vit prendre sa respiration. Elle le fixa un moment, puis son regard se posa sur le sol.

« Non. »

Il recula, regardant ses pieds. Sa vision se brouilla et il sentit des larmes chaudes lui caresser les joues. Il releva les yeux vers la jeune fille mais elle ne le regardait pas. Elle pleurait silencieusement.

« Mais tu m'aimais ? »

Elle le fixait de nouveau avec ce regard éteint qui lui faisait si mal. Elle laissait les larmes couler, respirant lentement. Elle souffrait et il sentait sa douleur lui percer le cœur.

« Je voulais pas me l'avouer, mais je t'aimais. Un peu trop peut être. »

Il hochait doucement la tête, sentant sa gorge se serrer. Il ne la regardait plus.

« C'est fini, alors ?
- Oui. Maintenant laisse moi, s'il te plaît. »


Il s'approchait à nouveau de la maison, levant les bras vers le ciel, écorchant sa gorge une nouvelle fois.

« Mais je t'aime, bordel ! Je t'aime ! »

Elle fermait sa fenêtre en pleurant alors que celle à sa droite s'ouvrait. Un homme sortait de l'ombre, un fusil a la main.

« Il a pas fini de gueuler, le môme ? Tire-toi avant que je te refasse la mâchoire ! »

acte iv : la bile et le sang
Les jours qui suivirent furent lents, mous, lymphatiques. Amadeus n'avait plus goût à rien, il avait perdu un sens à sa vie. Il ne dessinait plus, ne peignait plus. Il passait son temps sur le canapé du salon, à regarder des débilités à la télévision. Il ne fumait même plus, ne buvait plus, à part du café. Son frère s'inquiétait. Ses parents le menaçaient de le foutre dehors s'il ne bougeait pas.
Amadeus ne s'aimait plus autant. Il ne se regardait plus, ne se contemplait plus. Il ne se montrait plus. Il avait fini par arrêter de se laver, cela faisait plusieurs semaines qu'il portait le même jean et t-shirt. Et il s'en foutait. Il ne voulait plus vivre. Son frère essayait de le raisonner, de le faire sortir. Mais il ne l'écoutait pas. Il n'avait pas de raison de l'écouter, ou d'écouter qui que ce soit. Tout ce qu'il voulait, c'était de rester dans cet état végétatif jusqu'à la fin de sa vie.
Le printemps arriva, apportant les fleurs et le soleil avec lui. Le jeune garçon de dix-sept ans reprenait connaissance de son corps. Certains besoins à assouvir commençaient à naître en lui. Il revivait. Lorsque ses parents partaient travailler et que son frère était en cours, il mettait la chaîne déconseillée aux enfants et tentait de se retrouver. Cela ne marchait pas si bien. Il avait besoin d'autre chose. De la chaleur humaine, peut-être. Il voulait prendre quelque chose à boire, mais il n'avait plus rien. Ses parents avaient du tout jeter. Il fouilla dans le sac de sa mère, qu'elle laissait stupidement à la portée de tous, lui prenant cinquante livres. Il se doucha, profitant de cette sensation de l'eau sur son corps qui lui avait tellement manqué. Quand il eut fini, il ignora son reflet dans le miroir et s'habilla rapidement. Il enfila une veste et parti pour le bar le plus proche.

« T'es nouveau par ici, toi, non ? Ou alors c'est la première fois que tu viens ? »

La jeune femme jouait avec sa paille, la mettant dans sa bouche puis la sortant, enroulant ses cheveux autour d'un doigt. Amadeus trouvait ça presque ridicule, mais il ne pouvait s'empêcher de ressentir une légère étroitesse dans son jean. Après quelques minutes il la rejoignit dans les toilettes du bar et résuscita. Avec l'aide de l'alcool et de ce contact charnel, il avait repris de son tempérament sanguin.


Après cette petite excursion, il décida de passer à la petite boutique d'art près de la gare. Il acheta tout ce qu'il pouvait avec le peu d'argent qu'il avait, des feuilles, des crayons, des pinceaux, de la peinture... En rentrant chez lui, il passa devant la maison de Karyn et ne put d'empêcher de ressentir une certaine rage qui naissait en lui. Sans réfléchir, il ouvrit un de ses pots neufs - la couleur préférée de la jeune fille, peut être inconsciemment - et jeta son contenu sur la façade de la maison. Il observa le résultat, essuyant ses doigts indigo sur son jean. Il se sentait mieux.
Les jours qui suivirent furent plus mouvementés. Il fumait à nouveau, buvait à nouveau, peignait à nouveau. Le jour, il peignait et la nuit, il couchait avec des filles ramassées dans des bars. Il avait recommencé à parler avec son frère, qui lui racontait en détail ce qu'il se passait entre lui et le garçon qui lui plaisait, et il ne pensait presque plus à Karyn. Il aimait cette vie. Il ne s'ennuyait pas, ne souffrait pas. Mais il ne pouvait retirer ce sentiment de manque de quelque chose, d'incomplétude. Il finissait par obséder sur cette sensation, il ne pensait plus qu'a ça. Il souffrait à nouveau. Il avait l'impression qu'il avait besoin de quelque chose, une muse peut être, un sens à sa vie, pour combler ce vide insupportable.
Theophilus le voyait tomber et souffrait également. Il l'entendait pleurer, le voyait s'enfermer dans la salle de bain pour plusieurs heures. Leurs parents ne voyaient rien. Amadeus se détruisait, et son pauvre cadet ne savait pas quoi f aire pour le sauver.

acte v : jude
Le premier jour d'été, Theophilus présentait le fameux garçon à son frère. Il était grand, châtain, ses yeux étaient bleus. Il semblait à Amadeus qu'il ne l'avait jamais vu. Quand son frère lui parlait et le regardait, le jeune artiste pouvait apercevoir dans ses yeux une petite lueur d'admiration. Il enviait cette passion, et il était jaloux de celui qui avait pris le cœur de son cadet.
Jude appréciait beaucoup Amadeus, et c'était réciproque. Le jeune garçon s'en voulait de ressentir une sorte d'affection pour le copain de son frère, et il en voulait à Jude de le regarder avec ces yeux gourmands. Il évitait son regard tant qu'il pouvait, évitait tout contact physique, et avait fini par l'éviter complètement. Quand il venait voir Theophilus, le jeune artiste sortait; il allait au parc pour dessiner ou alors il se réfugiait au bar et profitait des jeunes filles désespérées pour booster son ego. Pour une raison étrange qu'il ne comprenait pas, Jude lui manquait. Il ne pouvait s'arrêter de penser à ses yeux, à ses mains, à sa bouche.
Finalement, le jeune garçon châtain avait frappé à sa porte un mercredi après-midi.

« Theo n'est pas là, il est à la bibliot -
- Je sais. »


Amadeus le fixait, un peu confus. Le garçon lui souriait, les yeux brillants. Il s'approcha, fermant la porte derrière lui, et approcha ses lèvres des siennes. Ils s'embrassèrent un moment, puis s'enfermèrent dans la chambre des deux frères.

Les deux garçons se retrouvaient trois jours par semaines, lorsque Theophilus se rendait à la bibliothèque pour étudier. Ils passaient la journée ensemble, Amadeus peignait, Jude jouait de la guitare. Le jeune artiste était plus qu'heureux, mais il s'en voulait atrocement de mentir à son frère. Les autres jours de la semaine, à part le weekend où les Eversons parents étaient présents, Jude passait son temps avec Theophilus. Mais Amadeus voyait bien qu'il ne le regardait pas de la même façon, que ses yeux manquaient d'amour. Souvent, il volait quelques regards au jeune châtain, qui faisait de même. Cette passion n'était que fortifiée par le secret qui les unissait.

« Je t'aime .. » avait soufflé Jude alors que leurs peaux se touchaient.

Amadeus voulait pleurer, crier, tuer cet être qui le rendait plus vivant que jamais. Il répéta ces mots, encore et encore, recouvrant la bouche du châtain et mettant son amour en lui.
Après leurs ébats, ils se regardaient dans les yeux, l'un sur l'autre, laissant la transpiration recouvrir leurs yeux, laissant les larmes couler le long de leurs joues.Leur amour les détruisait, et au fond, même s'ils ne se l'avouaient pas, ils avaient un espoir secret que quelque chose y mette fin. Ils ne voulaient pas avoir à le faire eux même.
Ils ne se voyaient plus autant. Ils ne s'adressaient pas la parole quand Theophilus était présent. Ils n'existaient pas l'un pour l'autre en dehors des moments où ils se retrouvaient livrés à eux même. Lorsqu'ils se voyaient, Amadeus peignait Jude, peignant pour Jude, peignait avec Jude, peignait sur Jude. C'était la seule chose qui lui permettait de rester mentalement sain. Quand ils ne s'abandonnaient pas à leurs activités artistiques, ils buvaient ensemble, fumaient ensemble, se droguaient ensemble. Ils n'étaient pas particulièrement heureux mais ils adoraient la présence de l'autre, et Jude restait le plus possible, avec toujours cette peur et cette espérance mutuelle que Theophilus rentre plus tôt et qu'il les voit en ensemble.
C'est à la fin de l'été que leur vœu s'exauça. Ils avaient choisi ce jour-là, peut être à cause de leur goût mutuel pour le danger, d'échanger leur corps sur le canapé du salon, ce qui voulait dire que si Theophilus arrivait, Jude n'avait pas l'option de s'enfuir par la fenêtre comme il l'avait fait auparavant. En les voyants tous les deux, le jeune garçon s'était pétrifié dans l'encadrement de la porte, il les regardait avec des yeux remplis de peine. Amadeus s'était rapidement levé, se dirigeant vers son frère, secouant la tête de tous les côtés.

« Theo, je -
- Fous le camp. »


Son frère ne le regardait pas. Il fixait Jude. Ce dernier ne bougea pas. Il regardait Theophilus tristement.

« Pars. Maintenant. »

Il avait des larmes dans les yeux. Amadeus ne supportait pas de le voir comme ça, il se haïssait de le faire tant souffrir.

« Casse-toi d'ici ! » cria t - il alors que Jude se levait et ramassait ses affaires.

Amadeus voulait calmer son frère, mais il demeura immobile. Il n'osait rien dire, ne rien faire. Il regardait Jude marcher vers la porte et se retourner.

« Je suis désolé ...
- Je m'en fous ! Tire-toi ! Je ne veux plus te voir ! »


Theophilus avait commencé à lancé tout ce qu'il trouvait sur le garçon, criant et laissant ses larmes couler. Amadeus lui prit le bras, essayant de le calmer.

« Et toi - Comment tu peux me faire ça ? »

Le jeune artiste fixa son frère sans un mot. Il ne savait pas quoi dire. Il essayait tant bien que mal de repousser les larmes qui lui couvraient la vie, il tenait tant qu'il pouvait le bras de son frère, essayant de lui transmettre la culpabilité qu'il ressentait.
Son cadet le repoussa légèrement et se dirigea vers la salle de bain, fermant la porte à clé. Amadeus pouvait entendre l'eau couler et en déduit que son frère pleurait. Il s'adossa contre la porte de la salle de bain et ferma les yeux.

19, pencey prep
Une après-midi, alors que l'aîné avait passé sa matinée au lit, à se morfondre comme à son habitude, Theophilus s'était assit sur ses jambes et l'avait réveillé. Il reniflait.

« Je voulais juste te dire que j'ai dit aux parents pour mon orientation sexuelle. Ils m'ont mis à la porte ce matin. Je pars. »

Amadeus le regardait, surpris, confus. Il aperçut le sac posé sur son lit, vit que son côté de la chambre avait l'air plutôt vide. Il cligna des yeux plusieurs fois pour ne pas se mettre à pleurer.

« Mais, comment tu vas faire pour -
- J'ai de l'argent de côté. Ça fait longtemps que j'ai décidé que je voulais partir de toute façon. »


Le jeune artiste voulait retenir son frère, le serrer contre lui comme quand ils étaient petits, lui dire que tout irait bien. Mais il ne pouvait plus faire ça et il s'en voulait avec une force presque inhumaine.

« Tu iras où ?
- Ça te regarde pas. »


Il s'était levé, avait ramassé son sac et regardait son frère depuis la porte. Amadeus fixait le sol, enragé contre lui-même.

« Au revoir.
- Theo ? » dit il avec une voix étouffée.


Le jeune brun s'était retourné, mais ne regardait pas son frère. Il fixait le mur, se mordant la lèvre. Amadeus pouvait voir qu'il voulait pleurer.

« Ouais ?
- Je suis désolé. »


Theophilus ne répondit pas. Il se retourna sans le regarder et disparut dans le couloir. Amadeus pleura toute la journée et toute la nuit. Le lendemain, il préparait son sac à son tour. Il prit de l'argent à ses parents, monta rapidement dans le bus et partit pour Londres.

acte vi : lumières obscures
Tous les jours, depuis son arrivée à Londres, Amadeus cochait les cases du calendrier qu'il avait acheté. Cela ne faisait même pas un mois qu'il habitait dans cette chambre d'hôtel miteux et il n'avait presque plus d'argent déjà. Il s'ennuyait, seul entre ces quatre murs, à regarder le temps passer sans vraiment faire quoi que ce soit. Il visitait la ville des fois, mais il pleuvait presque tous les jours. Il ne peignait plus autant, il avait moins d'inspiration et surtout il ne voulait pas gaspiller le peu de peinture qui lui restait.
Il s'insultait d'avoir pris les transports en commun les premiers jours. Ces simples petits bouts de papier qui lui permettait de se déplacer avaient mangé la quasi-totalité de ses ressources monétaires. Il avait fini par voler un vélo et maintenant il s'en servait dès qu'il devait aller quelque part. C'était beaucoup plus économique.
Il savait qu'il devait se trouver un travail, pour subsister un peu plus longtemps peut-être. Mais il n'avait aucunement envie de se lever tous les matins à des heures indécentes pour se rendre à un boulot qui ne lui plaisait pas du tout. Il sombrait de plus en plus dans l'alcoolisme, consommait plus de drogues encore. Rapidement, plus rien sur cette terre ne l'intéressait.

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Il voulait voir plus loin. Défier son petit monde. Il avait pris toutes les pilules qui lui restaient et attendait de voir ce qu'il se passerait. Il s'était dit « si je fais une overdose et que je ne meurs pas, deux autres et je suis sur de ne plus faire partie de ce monde. » Il ne voulait pas mourir, mais il ne voulait pas vivre non plus. Il voulait simplement tester ses limites.
Les urgences le sauvèrent, mais il ne leur en voulait pas. Cette aventure lui avait prouvé qu'il était fort, résistant. Il était capable de tout, et il le savait. Cette nouvelle lui suffit à ne pas recommencer.
Il n'avait pas repris goût à la vie, mais son envie de défi avait su se calmer. Il buvait beaucoup moins et dormait et mangeait de façon presque normale. Il avait néanmoins toujours ce sentiment éternel de vide, de manque de quelque chose. Rien n'y remédiait et il commençait à s'habituer. Il avait également recommencé à coucher avec des filles - et des mecs trouvés dans les pubs londoniens. Ces activités étaient assez pour le maintenir dans un état plus ou moins heureux. Comme toujours, quelque chose avait fini par entrer dans sa vie et la chambouler une fois encore.

acte vii : lila
Il avait rencontré un beau visage. Une jeune fille qui saurait le maintenir en bonne santé mental. Une jeune fille qui l'empêcherait de devenir fou ou de s'auto détruire à nouveau. Il s'installait avec elle.
Elle était douce, un peu naïve, protectrice. Tout ce qu'elle voulait, c'était son bonheur. Elle l'énervait quelques fois, mais elle le laissait faire son art alors qu'elle travaillait toute la journée pour payer le loyer et la nourriture. Elle préparait les repas, faisait la lessive. Elle lui avait donné une vie plus que confortable.
En vérité, il ne peignait pas tant que ça. Il ne la laissait pas voir ce qu'il faisait puisqu'il ne faisait pas grand chose. Il passait la quasi-totalité de ses journées à regarder la télé, et parfois il se promenait en ville, mais ne faisait rien de productif. Elle était aveuglée par son amour pour lui et il en profitait.

« Fumer te tue. »

C'était une des choses qui lui déplaisaient chez elle, elle s'inquiétait trop pour lui, répétait sans cesse qu'il devrait faire attention à ce qu'il consommait, ce qu'il faisait avec sa vie.

« Vivre me tue aussi. »

Elle était sensible. Un peu trop, peut être. Elle pleurait dès qu'il montrait un petit manque de tendresse, ce qui arrivait plutôt souvent. Il s'en voulait légèrement, mais trouvait qu'elle réagissait de façon excessive.

« Tu n'es pas heureux avec moi ? »

Il la prenait dans ses bras, la calmait, la rassurait.

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Cela devait faire presque un an qu'ils habitaient ensemble quand elle lui déclara qu'elle était enceinte.

« Je pense que tu devrais trouver un emploi, comme ça -
- Attends, tu ne veux quand même pas le garder ? »


Il n'avait pas remarqué le sourire sur son visage quand elle lui avait appris la nouvelle. Il était trop occupé à fixer l'écran de la télé.

« Et pourquoi pas ? »

Elle avait l'air légèrement blessé par sa réaction, mais elle essayait de ne pas le montrer. Le jeune homme se leva, secouant la tête, regardant le plafond.

« Mais t'es folle, ma pauvre ! On est beaucoup trop jeunes ! Si tu penses que je vais gâcher ma vie pour un môme ! »

Elle avait commencé à pleurer. Ca devait bien arriver. Il n'était pas d'humeur à la calmer, il continuait juste de secouer la tête en marmonnant.

« Moi je veux des enfants. Je veux le garder.
- Putain, Lila, un gosse, tout ce que ça fait, c'est hurler et nous emmerder ! Tu veux vraiment ça ? »


Il l'avait pris par les épaules, la secouait, essayant de faire rentrer la raison dans son petit cerveau. Elle pleurait de plus belle.

« De toute façon, tu m'aimes seulement parce que je t'aime ! »

Il la regardait dans les yeux, le visage vidé de toute émotion. Lentement, il retira ses mains de ses épaules et fixa le sol.

« C'est faux. » dit - il doucement.

Elle le regardait, respirant bruyamment. Ses yeux scrutaient son visage, elle tordait ses doigts, se mordait la lèvre.

« Je ne t'aime pas. » dit - il en relevant les yeux.

Elle le regarda comme s'il venait d'enfoncer un couteau dans son ventre. Elle ne pleurait pas, elle le regardait juste. Elle n'avait pas l'air surprise, simplement blessée. Déçue. Déçue qu'il ne le lui ait pas dit plus tôt, probablement. Déçue qu'il lui ait menti.
Sans dire un mot, elle sortit de l'appartement, pieds nus, fermant la porte doucement derrière elle. Amadeus passait la plupart de ses soirées dans le pub de la rue d'en face et rentrait quand elle était couchée, s'endormait sur le canapé. Ils ne s'adressaient plus la parole.

acte viii : conclusion
C'est une semaine plus tard, lorsqu'il rentrait un peu ivre du bar, qu'il retrouva l'appartement vide. Elle était partie, emportant la plupart des affaires avec elle. Elle avait laissé sur la table basse une enveloppe dans laquelle elle avait mis de l'argent et un petit bout de papier sur lequel était écrit « Pour toi. Adieu ».
Il avait cherché un travail, car il savait qu'il ne survivrait pas sur le peu d'argent qu'il avait. Il avait trouvé un emploi à mi-temps en tant que vendeur dans un coffee shop. Ça ne lui plaisait pas vraiment, mais il n'avait pas d'autre option.
Il avait déposé des annonces « cherche colocataire » un peu partout dans le quartier, et ce n'est qu'après trois semaines que quelqu'un le contacta. Il s'appelait Lawrence - mais il insistait pour qu'on l'appelle Law - il était musicien, il était prêt à payer la moitié du loyer pour une chambre.

Lawrence et Amadeus s'entendaient très bien. Le jeune musicien avait offert des toiles à l'artiste, ainsi que de très belles palettes. Amadeus lui avait offert un porte-feuille et des chaussettes.
Lawrence avait deux emplois. Le jour, Lawrence partait très tôt pour un boulot dont il ne parlait pas. La nuit, il jouait dans les clubs. Amadeus venait souvent le voir.

« Tu devrais t'inscrire à une école d'art, » lui avait-il dit un soir, « t'es plutôt doué. »

« Si je suis doué, pourquoi prendre des cours ?
- T'es bête. Tu n'es pas parfait, tu sais. Et puis, si tu ne vas pas dans une école, personne ne saura que tu es doué. »


Amadeus y avait réfléchi. Après tout, Lawrence n'avait pas tort, mais c'était cher. Et rempli de gens. Et Amadeus n'aimait pas trop ça, les gens.

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Lawrence ne lui avait pas laissé longtemps pour réfléchir. Après un an de collocation, il partait. Il voulait s'installer à New York, vivre le rêve américain. Amadeus était triste de quitter son ami.

« Comment je vais faire pour payer le loyer ? »

Son ami souriait d'oreille à oreille.

« Je t'ai trouvé un studio à Camden Town. Tu peux emménager demain. »

Amadeus le regardait avec de grands yeux. Il ne savait pas quoi dire. Lawrence lui fit un clin d'œil.

« Ah, et je t'ai inscrit dans une école de cinéma. J'ai bien vu que tu t'intéressais beaucoup aux films. »

Les yeux du jeune garçon ne faisaient que s'agrandir, et sa bouche s'ouvrit. Il fixa son ami un moment avant de se recomposer.

« Mais je ne peux pas me payer une école de cinéma !
- Tout est réglé, t'inquiète. J'ai laissé une plaquette sur la table pour que tu la regardes. Tu peux commencer les cours dès que tu veux. »


Amadeus sauta au cou de son ami, des larmes se formant dans ses yeux.

« Putain mec, fallait pas ! Merci ! Je ne sais pas quoi dire .. »

Lawrence lui sourit, lui fit signe de la main et sortit.
Amadeus observa la plaquette qu'il avait posée sur la table. L'adresse de son nouveau studio était inscrite au dos. Les deux n'étaient pas très loin l'un de l'autre, il pouvait y aller à vélo.
Il reprenait sa vie en main.


derrière l'écran
bonjour les petits gens, et les grands, et les moyens, et les autres, moi je m'appelle low,  j'ai exactement un peu plus de quinze ans, exactement à l'année près hein, enfin remarquez je vais avoir seize ans dans quelques mois quand même. j'espère être très présente, je serai là aux alentours de cinq sur sept je pense. j'ai découvert le forum par bazzart et il a l'air plutôt cool pour l'instant, j'adore londres donc \o. comme vous avez pu le deviner, enfin je pense, je joue un personnage inventé, eh oui c'est moi même qui ai donné naissance à ce petit con, pardon, ce prodige de l'humanité. oh, j'oubliais, le code du règlement c'est da vinci il me semble.


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MessageSujet: Re: awe ▼ quand l’innocence termine, la fierté commence.   Jeu 18 Jan - 20:23



Je me présente, je m'appelle amadeus william everson, 25 ans. Je suis né le treize juin 1989, à liverpool (angleterre) et j'habite à Londres, dans le très particulier quartier de camden town. Je suis par ailleurs pansexuel, et puisque la question vous brûle les lèvres, je suis malheureusement célibataire. Que vous dire de plus si ce n'est que dans la vie je suis  actuellement étudiant et que mon rêve le plus fou serait d'être peintre ou réalisateur. Oh, par contre, il y a ce léger détail que vous devez savoir sur moi, je suis narcissique. Voilà, c'est tout pour l'instant. And by the way, nice to meet you!
single ticket ▬ feat. xavier dolan
« j'arrive, pas très fier de moi, l'acide ne m'aura pas tué »

porcelina of the vast oceans.the smashing pumpkins

le physique
"JE NE M'ÉTAIS JAMAIS APERCU QUE NARCISSE ÉTAIT BEAU" paulo coelho

Il regarde son reflet dans le miroir embué de sa salle de bain. Il s'observe, se contemple. Il s'admire. Ses cheveux noirs, encore mouillés, collent à son front humide, dessinent de petites lignes et de petits cercles sur sa peau basanée. Il les repousse de ses doigts maigres et osseux, comme le reste de son corps. Il n'est pas très grand, pas très gros, mais il s'aime comme ça. Il aime discerner toutes les côtes sous sa peau, le bord de ses hanches qui dépasse en dessous. Il aime la légèreté qu'il ressent, comme un vide en lui, un vide qu'il n'a pas besoin de combler, un vide qui fait partie de lui et le complète. Un vide pour faire place à l'inspiration et la créativité. Un vide pour qu'il soit moins seul. Lentement, il passe une main derrière son cou, puis dans ses cheveux, qui sèchent et commencent à boucler, et regagnent de leur couleur plus claire. Il se regarde dans les yeux. Ils sont vifs, ardents ; le marron qui contourne sa pupille est parsemé de petites taches brunes plus ou moins foncées, et le blanc de son œil est décoré de quelque veines rouges qu'il a eu par son manque de sommeil. S'il s'approche assez, il peut apercevoir quelques taches de nicotine dans le coin de ses yeux. Il se sourit, tire la langue, ouvre la bouche. Il regarde ses dents. Elles sont longues, plutôt droites, légèrement jaunes. Son sourire est caractéristique. Son rire ne l'est pas moins. Ses lèvres ne sont ni trop fines, ni trop épaisses. Il s'aime comme ça. Il passe une main sur son menton, sur des joues. Il peut sentir le léger picotement de sa barbe de deux jours. Il ne la laisse jamais pousser plus, il aime quand elle est fine, discrète. Il frissonne légèrement, frottant ses bras pour se réchauffer. Ceux-ci sont décorés de quelques tatouages, certains sur l'épaule, d'autre sur l'avant-bras ou encore dans l'intérieur de son coude. Il aime ses tatouages. Ça le rend plus beau encore. Il ramasse un des t-shirts qui tapissent le sol et l'enfile. Il est noir, simple. Comme la plupart de ses vêtements. Il recouvre ses jambes glacées de son jean gris, retroussant légèrement le bas pour qu'il soit à sa taille. Il aimerait s'habiller de façon plus classe et somptueuse, mais il n'a pas les moyens, alors il se contente du jean t-shirt et parfois chemise. Il enfile un anneau à une oreille, un clou pour l'autre. Il frotte ses cheveux hâtivement, tentant de les faire sécher plus vite, tout en glissant ses pieds dans ses vieilles converses. Il met ses bagues, enfile sa veste en cuir, réajuste le col. Il pose ses wayfarer sur son nez, les pousse d'un doigt pour qu'elles touchent son front. Puis il les retire. Il ne voit pas super bien sans, mais parfois il n'aime juste pas les porter. Il se regarde une dernière fois avant de quitter son appartement, se fait un clin d'œil. Il est beau.



le caractère
"CAUSE I KNOW I'M NOT EASY TO DEAL WITH SOMETIMES" frnkiero atc

Amadeus a beau être ambitieux, appliqué et passionné, il ne prend pas la vie au sérieux. Pour lui tout est drôle, risible, cocasse, limite ridicule. Après tout, pourquoi faudrait-il vivre de façon triste et sobre quand on peut rire de tout et consommer de l'alcool sans se soucier de rien ? Jenfoutiste dans l'âme, impétueux et négligeant, il ne s'empêche pas de vivre, il voit le monde comme un terrain de jeu conçu rien que pour lui, les gens qui y habitent sont ses objets, ses jouets : il s'amuse. Il est mieux que tous ces gens qui avancent dans la même direction en ne regardant que leurs pieds, il est mieux que tout le monde et il le sait. Il sait tout mieux que tout le monde aussi, enfin ça c'est qu'il se dit, parce qu'au fond aux yeux des autres, il n'est qu'un gosse hautain et méprisant, puéril et immature au dessus de ça. Il inspire plus la haine que l'amour, en général, quand on apprend à le connaître, car il se révèle franc et vulgaire, carrément indiscret. En plus il est complétement individualiste, orgueilleux et prétentieux : éternellement vaniteux, odieux, imbu de lui même, arrogant sur les bords. Il est également opportuniste, arriviste et manipulateur, bref, il est prêt à tout pour sa propre réussite, et il en dévient carrément égoïste. A part ça il a un tempérament plutôt calme, souvent décontracté dans presque toutes les situations ; c'est le type toujours « chill » qui fume au fond et qui a le don d'en énerver un certain nombre. Il ne va pas vraiment vers les autres, malgré sa nature sociale et son assurance : il préfère la solitude, il aime pas perdre son temps avec des imbéciles, et il est complètement entêté surtout. Comme si ça ne suffisait pas, il a des tendances imprudentes et spontanées, il se retrouve souvent impulsif et bagarreur, parfois même auto destructif. A part le sexe, l'alcool, les drogues et les cigarettes, sont seul moyen d'évasion, c'est l'art ; il aime peindre, dessiner, s'exprimer. Il est franchement créatif et artistique au fond, et c'est ce qui lui a permis d'être plus persévérant dans la vie, plus patient, investi. Il est très méthodique, impliqué, astucieux quand il le veut. Mais il en devient parfois obsessionnel et compulsif ce qui le détruit. Le reste du temps, il retrouve ses tendances flemmardes, fainéantes, limite lymphatiques parfois. Il est indépendant mais irresponsable, il ne sait pas vraiment prendre ses responsabilités mais il s'en fout. Le rejet total des autres être humains, sont frère compris, dont il a souffert l'a rendu assez susceptible, facilement vexable. Il est également plus rusé, drôle, charismatique : c'est son seul moyen de se faire aimer à première vue. Mais au fond il se révèle complètement inatentionné, cynique et acerbe. Il est par moment de tempérament aigri et blasé, froid et intransigeant. Il est dragueur, pervers, machiste, franchement joueur et profiteur. Mais en vrai c'est une nature sensible, il est plutôt distrait, énigmatique. Quand on sait le trouver. Niveau relations il sait pas très bien s'y prendre, que ce soit amour, amitié ou ambiguïté. Il agit sur l'impulsion, sur son adrenaline du moment, le temps qu'il fait, il ne réfléchit pas vraiment à ce qu'il fait. Il est vu comme potentiellement dangereux mais bien qu'insouciant il est surtout audacieux et téméraire, et ça, a priori, ça a tendance à plaire pas mal.



l'histoire
"SI ON NE S'AIMAIT PAS TANT SOI-MÊME, ON SERAIT TOUJOURS SEUL" boris vian
acte i : merseyside
On dit que Liverpool est une ville plutôt malfamée. Non, on dit que Liverpool est une des villes les plus malfamées d'Angleterre. Ce n'est pourtant pas ce qui a empêché ses parents de partir de Londres pour vivre là, dans le quartier de Merseyside en plus. Il a grandi entre deux clochards, élevé par des alcooliques et baffé à coup de mains rigides qui puent la clope. Il a évolué dans un quartier sombre et mal fréquenté, s'est developpé dans la pauvreté et la saleté. Lui, et son frère Theophilus, habitués à dormir sur des matelas aplatis, à aller à l'école à pied, tous les jours, à voler des vêtements dans les laveries automatiques pour pouvoir bien s'habiller quand ils allaient à la messe du dimanche, subissaient leur vie difficile sans jamais se plaindre. Ils s'étaient pliés,  écrasés sous les contraintes et les impuissances de leur situation économique. Ils n'avaient jamais connu plus facile, donc tout ça était normal pour eux, habituel. Et ils n'avaient rien pour comparer.

Depuis l'âge de treize ans, Amadeus passait sa vie dehors, dans les rues. Il ne supportait plus cette toute petite maison dans laquelle il étouffait. Il avait besoin de prendre l'air, tout le temps, il ne pouvait pas rester cloîtré dans ce taudis, il devait sortir, marcher, même en hiver quand il faisait froid, même quand il pleuvait. Il avait besoin de voir des gens, en fait, même s'il ne voyait pas grand monde après tout, vu qu'il ne s'était fait aucun ami dans les alentours même après quatorze années de vie là. Enfin, il avait rencontré un chat, ces petits êtres que l'on qualifie d'ingrats et de mesquin, il avait réussi à éprouver de l'amour pour ce tas de poil, plus d'amour que celui qu'il portait à la race humaine toute entière. Hormis son frère, mais son frère, deux ans de moins, pré adolescent puis adolescent hormonal ne le divertissait pas comme le faisait le petit animal. Sans lui adresser un mot, il avait appris à le connaître, à l'apprécier, et s'était prit d'affection pour lui. Il avait pris pour habitude de le retrouver à l'angle après la gare ferroviaire, là où il semblait rester la plupart de son temps, lui apporter quelque chose qu'il avait trouvé pour le nourrir comme il pouvait et d'embrasser le bout de son oreille gauche.

« T'étais où toi ? »

C'était l'accueil agréable de sa mère, qu'il entendait tous les jeudis soirs, vu que tous les jeudis soirs, elle rentrait plus tôt de son boulot de merde. Et tous les jeudis soirs, c'était la même chose, il y avait pas moyen qu'on lui lâche les basques pour une fois.

« Dehors. »

Son frère le regardait de la table de la cuisine, stylo en main. Theophilus était plus sérieux niveau scolaire, il bossait vraiment, il faisait de son mieux. Amadeus se cassait la gueule dans toutes les matières. Amadeus n'aimait pas ça, l'école. Amadeus préférait peindre.

« Qu'est ce que tu foutais dehors ? »

C'était l'accueil pénible. Il haussait les épaules.

« Ta chemise est trempée ! Qu'est ce que tu foutais dehors par un temps pareil ? »

ziggy stardust, david bowie
Il ne répondait pas. Il préférait ne pas répondre. Il préférait partir dans la salle de bain profiter du peu d'eau chaude qu'il restait. Après sa douche, il aimait fixer la glace embuée, attendant que la condensation se dissipe. Une fois propre, le miroir le reflétait, et il se découvrait, se redécouvrait, s'admirait. Il pouvait passer des heures à se regarder dans ce verre humide, il n'avait jamais rien vu d'aussi beau que ce visage, cette peau, ces cheveux, ce corps. Il s'aimait comme on aime un dieu, il se voyait tel un dieu, Il était Dieu. Il était tombé amoureux de Dieu dans cette salle de bain défraîchie dont il manquait la moitié des carreaux.
Si Narcisse était tombé dans l'eau du ruisseau isolé en tentant d'atteindre son reflet, Amadeus, lui, serait tombé dans une salle de bain, son corps froid contre le carrelage froid. Son amour avait naquit dans une salle de bain, il périrait dans une salle de bain, trempé par une aiguille infectée. Il avait commencé à s'injecter à l'âge de quinze ans. Dès lors, sa vie n'était pas la même. Cette nouvelle découverte de substance coincidait parfaitement avec la découverte d'une nouvelle drogue, une dont il ne connaissait pas l'existence.

acte ii : karyn
Il l'avait rencontrée un soir d'automne, alors qu'il avait passé son après midi avec le chat errant. Elle était sortie sur le porche de sa maison, ses bras serrés contre elle, elle regardait nerveusement les alentours, comme si elle cherchait quelque chose. Amadeus ne l'avait pas encore remarquée. Finalement, les yeux de la jeune fille s'étaient arrêtés sur lui, et le chat, et elle l'appela.

« Apollon ! »

Il s'était retourné la deuxième fois. Sa voix aigue était presque inaudible quand elle traversait l'air épais. Il la regarda un moment puis vit que le chat, qui portait le nom d'Apollon du coup, la rejoignait chez elle. C'était son chat.

« Eh ! C'est ton chat ? »

Elle se retourna et haussa les épaules.

« Non. »

Amadeus la regarda un moment, fronçant les sourcils. Il s'approcha d'elle, la tête inclinée, un sourire aux lèvres.

« Moi c'est ...
- Je m'en fous. »

Il la regarda encore. Elle le fixait d'un air blasé. Elle était belle. Ses yeux, marron, presque fermés, ne le regardaient pas réellement ; on eut dit qu'ils étaient vides, aveugles. Ils ne le voyaient pas. Ils l'ignoraient. Elle l'ignorait.

« Karyn ! » appelait une voix depuis la maison de la jeune fille.

Cette dernière écrasa sa cigarette contre le mur du bâtiment et se retourna sans accorder un regard au jeune homme. Amadeus avait retrouvé son sourire.

« Aurevoir, Karyn ! »

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Amadeus plongeait dans l'alcool. Il redoublait deux fois. Ses parents ne lui adressaient plus la parole.
Il cherchait à sa vie une raison d'être, un objectif. Il sentait que ses addictions ne le menaient nulle part et il se languissait d'un rêve à accomplir. Il se languissait d'une jeune fille qu'il avait rencontrée un soir d'automne, il se languissait de ses cheveux bruns crépus, sa peau brune, ses yeux marron en amande. Dès qu'il fermait les yeux, elle apparaissait devant lui, riante, pleurante, et il essayait de la noyer avec plusieurs gorgées brûlantes. Il descendait bouteille sur bouteille, assis sous ce pont gris et sale. Les jours étaient longs, les nuits aussi. Le souvenir de cette jeune fille éthérée le mettait dans un état d'ivresse qu'aucune boisson n'eut pu imiter. Il s'insultait de s'être laissé tomber amoureux de quelqu'un d'autre que lui même. Il essayait d'oublier. C'est une nuit d'été qu'il céda. Il tituba jusqu'à la maison de sa douce, en état complet d'ébriété, jeta des cailloux à sa fenêtre. Elle ne remuait p as. Il l'appelait.

« Karyn ! Oh Karyn ! »

Il levait sa bouteille, tournant sur lui même, criant ce nom qui lui brûlait la gorge plus que ses cigarettes. La fenêtre du deuxième étage s'ouvrit enfin, et la déesse dont il s'était morfondu apparut devant.

« Quoi ? »

Amadeus arrêtait de danser, il levait la tête, regardait cette créature sublime, la désirait. Il lui fit son plus grand sourire, s'approcha de la maison, l'admira.

« T'es là ? »

La jeune fille le fixait dans l'obscurité. Le garçon s'approchait, la contemplait, essayait de grimper sur le mur.

« Non. »

Il riait aux éclats. Il lui montrait ses dents, sa langue, plissait les yeux pour mieux la discerner.

« Eh ! Tu veux baiser ? »

Elle haussait les épaules, le regardait indifféremment. Puis elle fermait ses volets, et quelques secondes après la porte d'entrée s'ouvrait.

Cette nuit là Amadeus fit l'amour pour la première fois.
Au petit matin, la sublime créature s'était habillée, elle s'allumait une clope en se mettant du rouge à lèvres. Il la regardait depuis le lit, encore enivré de son parfum.

« Tu vas devoir partir, je pense. »

Il la regardait de façon perplexe, encore endormi. Elle se coiffait les cheveux, plaçant quelques tresses entre ses mèches à une vitesse plus que divine.

« Eh. Faut que tu foutes le camp. »

Il s'étirait, baillait, regardait autour de lui, quand ses yeux s'arrêtèrent sur le petit réveil de chambre dressé à trente centimètres de son visage.

« Putain mais il est cinq heures du matin tu te fous de ma gueule ? »

Il se frottait les yeux. Son crâne lui faisait mal. La jeune fille ne semblait pas plus intriguée et remuait, faisant un boucan pas possible.

« Non. Je préfère qu'on se tire avant que mes darons ne se lèvent. »

Elle s'approchait de lui, retirant la couette d'un geste brusque, découvrant le corps pâle de Narcisse endormi. Il se cachait les yeux, ébloui comme si elle était le soleil.

« Allez. Bouge. »

Il s'empressait de se lever et de s'habiller sous ce ton menaçant. Une fois prêts, ils sortaient rapidement et rejoignaient la rue en riant. La jeune fille avait repris de son allégresse de la veille.

« Bon, tu veux faire quoi ? »

acte iii : les passionnés
Il la regardait en souriant, pensant un moment. Il proposa finalement de visiter la vieille maison récemment délaissée dans la rue en face de chez lui. Elle accepta joyeusement et ils y coururent ensemble.

« Eh, regarde ! Il y a des craies.
- Et alors ? »
fit Karyn en rigolant.

Il se relevait, une craie sale entre ses doigts. Il s'approchait ensuite de la porte menant au salon, qui tenait à peine debout.

« Je pourrais te dessiner. »

Elle le suivait, curieuse, intriguée et regarda la porte blanche.

« Tu sais dessiner, toi ?
- Oui. Tiens, mets-toi là. »


Elle protestait, les sourcils froncés et le nez retroussé, mais il posa un doigt gris sur ses lèvres. Elle soupira finalement et s'assit par terre, le dos contre le mur, le regardant d'en bas.
Et il la dessinait. Il traçait les traits parfaits de son visage, ombrait les bords, tentait de recréer cette beauté sublime qui posait pour lui. Il imitait les boucles de ses cheveux, la forme de son visage et de ses yeux, son expression, son sourire léger. Quand il eut fini, il lui fit signe de s'approcher, lui offrant un grand sourire, fier de lui. Elle le rejoignit, ouvrant de grands yeux lorsqu'elle aperçut les traits noirs qui recouvraient la porte.

« Putain mec, tu dessines vraiment bien !
- Je sais. »


Elle fixait le tableau, bouché bée, ne faisant pas attention à sa réponse débordante de modestie.

« Mais t'as appris où ?
- J'ai pas vraiment appris. Je dessinais sur mes cahiers en cours. Ça me plaisait. Je le fais toujours, mais maintenant je préfère peindre. »




Il n'avait jamais admis sa passion. Il n'en avait pas honte, mais il ne savait pas si les gens comprendraient. C'était son secret, depuis longtemps maintenant, et à présent il avait quelqu'un avec qui le partager. Presque tous les jours, la jeune fille le retrouvait et il la dessinait, la peignait, la photographiait. Pour lui, elle était une œuvre d'art à elle même. Il s'éloignait encore plus de son frère, ce qui le rendait triste mais le soulageait d'une certaine manière. Il n'allait plus en cours, ne sortait plus, ne mangeait plus autant. Karyn avait donné une raison à son existence, un but à sa vie, et plus rien n'avait d'importance.

« Deus ? »

Il relevait la tête de son travail. Theophilus, assit sur son lit, le regardait à travers les longues mèches noires qui recouvraient ses yeux. Il se rongeait les ongles, reposant son coude sur un genou replié.

« Ouais ?
- Je peux te parler d'un truc ? »


Le jeune artiste se releva et alla s'asseoir près de son frère. Ils se parlaient rarement, beaucoup moins qu'avant, mais Amadeus ressentait toujours un amour inconditionnel pour son cadet.

« Ouais bien sûr. Dis moi, qu'est ce qu'il se passe dans ta tête ? »

Il levait les yeux vers lui, abandonnant son ongle déjà rongé jusqu'au sang. Il avait l'air gêné, timide, hésitant. Il lui faisait de la peine, comme ça.

« J'ai ... Il y a quelqu'un dans ma classe qui me plaît. Et ... Je sais pas comment faire pour qu'il me remarque. »

Amadeus le fixa un moment. Il venait de lui avouer qu'il était gay, ou au moins qu'il était attiré par les hommes, et ça, c'était pas rien. Son frère n'aurait jamais pu avouer ça à leurs parents, chrétiens jusqu'à l'os, ils l'auraient foutu à la porte. Le cadet avait choisi de se tourner vers son grand frère, lui demandait conseil, et Amadeus ne pouvait s'empêcher de se sentir flatté. Il se sentit brusquement curieux et voulait en savoir plus sur ce mystérieux bonhomme.

« Il s'appelle comment ? Il a ton âge ? Il ressemble à quoi ? »

Theophilus lui souriait timidement, grattant l'arrière de son cou.

« Il s'appelle Jude. Il est un peu plus vieux je crois. Il est ... Il est mignon. »

Le jeune artiste ébouriffa les cheveux de son petit frère, rigolant doucement.

« Va lui parler ! Tu penses qu'il aime les mecs ?
- J'en sais rien. Il me regarde souvent en classe j'ai l'impression ... »


Amadeus était content pour son frère. Il était content qu'il ait quelqu'un dans sa vie, quelqu'un à qui penser, quelqu'un avec qui partager ce qu'il aimait. Il était content pour lui mais en même temps il ne pouvait s'empêcher de se sentir jaloux. Il ne voyait plus sa déesse basanée autant qu'avant, elle passait beaucoup de son temps avec d'autre gens et faisait moins attention à lui. Elle lui manquait énormément, elle avait comme laissé un vide à l'intérieur de lui, et même quand elle était là il avait l'impression qu'elle était vraiment très loin. Il n'était pas du type « émotions et sensibilité » et refusait d'en parler avec elle. Après tout, ce n'était pas sa copine, ils n'avaient en rien officialisé la nature de leur relation.

Le temps ne fit qu'empirer les choses. S'ils se parlaient peu avant, maintenant ils passaient leur temps à s'engueuler. Elle ne le supportait plus, ne supportait plus son ambition, son narcissisme, ses tendances obsessionnelles. Elle ne supportait plus son art. Il ne supportait plus son manque de tendresse.
Elle piquait des crises, le foutait à la porte, menaçait de détruire tous les dessins qu'il avait faits d'elle. Dehors, en dessous de sa fenêtre, serrant ses bras contre lui pour se réchauffer, il levait la tête, criait son nom, encore et encore, le laissant lui brûler la gorge jusqu'à ne plus la sentir, comme le premier soir.

« Karyn ! Karyn ! Karyn ! »

Une épaisse buée blanche sortait de sa bouche à chaque cri, les poils de ses bras se hérissaient, il commençait à trembler. C'était l'hiver et il avait froid.

« Karyn ... » soupira - t - il doucement, se sentant s'affaiblir.

La fenêtre de la jeune fille s'ouvrit, et celle-ci se penchant pour le regarder. Elle était fatiguée, décoiffée, et on pouvait apercevoir des lignes poisseuses descendant de ses yeux.

« Qu'est-ce que tu veux, » murmura t - elle d'une voix blanche.

Il la regarda longtemps, sentant ses yeux picoter légèrement. Il s'approcha enfin, posant une main sur le mur de sa maison, et tenta un léger sourire.

« T'es là ?
- Oui. »


Elle le regardait tristement, et quelque chose s'était éteint dans ses yeux. Ils étaient de nouveaux aveugles, ils ne le voyaient plus.

« Tu ne m'aimes plus, alors ? »

Elle ferma les yeux, reniflant doucement, et le jeune garçon la vit prendre sa respiration. Elle le fixa un moment, puis son regard se posa sur le sol.

« Non. »

Il recula, regardant ses pieds. Sa vision se brouilla et il sentit des larmes chaudes lui caresser les joues. Il releva les yeux vers la jeune fille mais elle ne le regardait pas. Elle pleurait silencieusement.

« Mais tu m'aimais ? »

Elle le fixait de nouveau avec ce regard éteint qui lui faisait si mal. Elle laissait les larmes couler, respirant lentement. Elle souffrait et il sentait sa douleur lui percer le cœur.

« Je voulais pas me l'avouer, mais je t'aimais. Un peu trop peut être. »

Il hochait doucement la tête, sentant sa gorge se serrer. Il ne la regardait plus.

« C'est fini, alors ?
- Oui. Maintenant laisse moi, s'il te plaît. »


Il s'approchait à nouveau de la maison, levant les bras vers le ciel, écorchant sa gorge une nouvelle fois.

« Mais je t'aime, bordel ! Je t'aime ! »

Elle fermait sa fenêtre en pleurant alors que celle à sa droite s'ouvrait. Un homme sortait de l'ombre, un fusil a la main.

« Il a pas fini de gueuler, le môme ? Tire-toi avant que je te refasse la mâchoire ! »

acte iv : la bile et le sang
Les jours qui suivirent furent lents, mous, lymphatiques. Amadeus n'avait plus goût à rien, il avait perdu un sens à sa vie. Il ne dessinait plus, ne peignait plus. Il passait son temps sur le canapé du salon, à regarder des débilités à la télévision. Il ne fumait même plus, ne buvait plus, à part du café. Son frère s'inquiétait. Ses parents le menaçaient de le foutre dehors s'il ne bougeait pas.
Amadeus ne s'aimait plus autant. Il ne se regardait plus, ne se contemplait plus. Il ne se montrait plus. Il avait fini par arrêter de se laver, cela faisait plusieurs semaines qu'il portait le même jean et t-shirt. Et il s'en foutait. Il ne voulait plus vivre. Son frère essayait de le raisonner, de le faire sortir. Mais il ne l'écoutait pas. Il n'avait pas de raison de l'écouter, ou d'écouter qui que ce soit. Tout ce qu'il voulait, c'était de rester dans cet état végétatif jusqu'à la fin de sa vie.
Le printemps arriva, apportant les fleurs et le soleil avec lui. Le jeune garçon de dix-sept ans reprenait connaissance de son corps. Certains besoins à assouvir commençaient à naître en lui. Il revivait. Lorsque ses parents partaient travailler et que son frère était en cours, il mettait la chaîne déconseillée aux enfants et tentait de se retrouver. Cela ne marchait pas si bien. Il avait besoin d'autre chose. De la chaleur humaine, peut-être. Il voulait prendre quelque chose à boire, mais il n'avait plus rien. Ses parents avaient du tout jeter. Il fouilla dans le sac de sa mère, qu'elle laissait stupidement à la portée de tous, lui prenant cinquante livres. Il se doucha, profitant de cette sensation de l'eau sur son corps qui lui avait tellement manqué. Quand il eut fini, il ignora son reflet dans le miroir et s'habilla rapidement. Il enfila une veste et parti pour le bar le plus proche.

« T'es nouveau par ici, toi, non ? Ou alors c'est la première fois que tu viens ? »

La jeune femme jouait avec sa paille, la mettant dans sa bouche puis la sortant, enroulant ses cheveux autour d'un doigt. Amadeus trouvait ça presque ridicule, mais il ne pouvait s'empêcher de ressentir une légère étroitesse dans son jean. Après quelques minutes il la rejoignit dans les toilettes du bar et résuscita. Avec l'aide de l'alcool et de ce contact charnel, il avait repris de son tempérament sanguin.


Après cette petite excursion, il décida de passer à la petite boutique d'art près de la gare. Il acheta tout ce qu'il pouvait avec le peu d'argent qu'il avait, des feuilles, des crayons, des pinceaux, de la peinture... En rentrant chez lui, il passa devant la maison de Karyn et ne put d'empêcher de ressentir une certaine rage qui naissait en lui. Sans réfléchir, il ouvrit un de ses pots neufs - la couleur préférée de la jeune fille, peut être inconsciemment - et jeta son contenu sur la façade de la maison. Il observa le résultat, essuyant ses doigts indigo sur son jean. Il se sentait mieux.
Les jours qui suivirent furent plus mouvementés. Il fumait à nouveau, buvait à nouveau, peignait à nouveau. Le jour, il peignait et la nuit, il couchait avec des filles ramassées dans des bars. Il avait recommencé à parler avec son frère, qui lui racontait en détail ce qu'il se passait entre lui et le garçon qui lui plaisait, et il ne pensait presque plus à Karyn. Il aimait cette vie. Il ne s'ennuyait pas, ne souffrait pas. Mais il ne pouvait retirer ce sentiment de manque de quelque chose, d'incomplétude. Il finissait par obséder sur cette sensation, il ne pensait plus qu'a ça. Il souffrait à nouveau. Il avait l'impression qu'il avait besoin de quelque chose, une muse peut être, un sens à sa vie, pour combler ce vide insupportable.
Theophilus le voyait tomber et souffrait également. Il l'entendait pleurer, le voyait s'enfermer dans la salle de bain pour plusieurs heures. Leurs parents ne voyaient rien. Amadeus se détruisait, et son pauvre cadet ne savait pas quoi f aire pour le sauver.

acte v : jude
Le premier jour d'été, Theophilus présentait le fameux garçon à son frère. Il était grand, châtain, ses yeux étaient bleus. Il semblait à Amadeus qu'il ne l'avait jamais vu. Quand son frère lui parlait et le regardait, le jeune artiste pouvait apercevoir dans ses yeux une petite lueur d'admiration. Il enviait cette passion, et il était jaloux de celui qui avait pris le cœur de son cadet.
Jude appréciait beaucoup Amadeus, et c'était réciproque. Le jeune garçon s'en voulait de ressentir une sorte d'affection pour le copain de son frère, et il en voulait à Jude de le regarder avec ces yeux gourmands. Il évitait son regard tant qu'il pouvait, évitait tout contact physique, et avait fini par l'éviter complètement. Quand il venait voir Theophilus, le jeune artiste sortait; il allait au parc pour dessiner ou alors il se réfugiait au bar et profitait des jeunes filles désespérées pour booster son ego. Pour une raison étrange qu'il ne comprenait pas, Jude lui manquait. Il ne pouvait s'arrêter de penser à ses yeux, à ses mains, à sa bouche.
Finalement, le jeune garçon châtain avait frappé à sa porte un mercredi après-midi.

« Theo n'est pas là, il est à la bibliot -
- Je sais. »


Amadeus le fixait, un peu confus. Le garçon lui souriait, les yeux brillants. Il s'approcha, fermant la porte derrière lui, et approcha ses lèvres des siennes. Ils s'embrassèrent un moment, puis s'enfermèrent dans la chambre des deux frères.

Les deux garçons se retrouvaient trois jours par semaines, lorsque Theophilus se rendait à la bibliothèque pour étudier. Ils passaient la journée ensemble, Amadeus peignait, Jude jouait de la guitare. Le jeune artiste était plus qu'heureux, mais il s'en voulait atrocement de mentir à son frère. Les autres jours de la semaine, à part le weekend où les Eversons parents étaient présents, Jude passait son temps avec Theophilus. Mais Amadeus voyait bien qu'il ne le regardait pas de la même façon, que ses yeux manquaient d'amour. Souvent, il volait quelques regards au jeune châtain, qui faisait de même. Cette passion n'était que fortifiée par le secret qui les unissait.

« Je t'aime .. » avait soufflé Jude alors que leurs peaux se touchaient.

Amadeus voulait pleurer, crier, tuer cet être qui le rendait plus vivant que jamais. Il répéta ces mots, encore et encore, recouvrant la bouche du châtain et mettant son amour en lui.
Après leurs ébats, ils se regardaient dans les yeux, l'un sur l'autre, laissant la transpiration recouvrir leurs yeux, laissant les larmes couler le long de leurs joues.Leur amour les détruisait, et au fond, même s'ils ne se l'avouaient pas, ils avaient un espoir secret que quelque chose y mette fin. Ils ne voulaient pas avoir à le faire eux même.
Ils ne se voyaient plus autant. Ils ne s'adressaient pas la parole quand Theophilus était présent. Ils n'existaient pas l'un pour l'autre en dehors des moments où ils se retrouvaient livrés à eux même. Lorsqu'ils se voyaient, Amadeus peignait Jude, peignant pour Jude, peignait avec Jude, peignait sur Jude. C'était la seule chose qui lui permettait de rester mentalement sain. Quand ils ne s'abandonnaient pas à leurs activités artistiques, ils buvaient ensemble, fumaient ensemble, se droguaient ensemble. Ils n'étaient pas particulièrement heureux mais ils adoraient la présence de l'autre, et Jude restait le plus possible, avec toujours cette peur et cette espérance mutuelle que Theophilus rentre plus tôt et qu'il les voit en ensemble.
C'est à la fin de l'été que leur vœu s'exauça. Ils avaient choisi ce jour-là, peut être à cause de leur goût mutuel pour le danger, d'échanger leur corps sur le canapé du salon, ce qui voulait dire que si Theophilus arrivait, Jude n'avait pas l'option de s'enfuir par la fenêtre comme il l'avait fait auparavant. En les voyants tous les deux, le jeune garçon s'était pétrifié dans l'encadrement de la porte, il les regardait avec des yeux remplis de peine. Amadeus s'était rapidement levé, se dirigeant vers son frère, secouant la tête de tous les côtés.

« Theo, je -
- Fous le camp. »


Son frère ne le regardait pas. Il fixait Jude. Ce dernier ne bougea pas. Il regardait Theophilus tristement.

« Pars. Maintenant. »

Il avait des larmes dans les yeux. Amadeus ne supportait pas de le voir comme ça, il se haïssait de le faire tant souffrir.

« Casse-toi d'ici ! » cria t - il alors que Jude se levait et ramassait ses affaires.

Amadeus voulait calmer son frère, mais il demeura immobile. Il n'osait rien dire, ne rien faire. Il regardait Jude marcher vers la porte et se retourner.

« Je suis désolé ...
- Je m'en fous ! Tire-toi ! Je ne veux plus te voir ! »


Theophilus avait commencé à lancé tout ce qu'il trouvait sur le garçon, criant et laissant ses larmes couler. Amadeus lui prit le bras, essayant de le calmer.

« Et toi - Comment tu peux me faire ça ? »

Le jeune artiste fixa son frère sans un mot. Il ne savait pas quoi dire. Il essayait tant bien que mal de repousser les larmes qui lui couvraient la vie, il tenait tant qu'il pouvait le bras de son frère, essayant de lui transmettre la culpabilité qu'il ressentait.
Son cadet le repoussa légèrement et se dirigea vers la salle de bain, fermant la porte à clé. Amadeus pouvait entendre l'eau couler et en déduit que son frère pleurait. Il s'adossa contre la porte de la salle de bain et ferma les yeux.

19, pencey prep
Une après-midi, alors que l'aîné avait passé sa matinée au lit, à se morfondre comme à son habitude, Theophilus s'était assit sur ses jambes et l'avait réveillé. Il reniflait.

« Je voulais juste te dire que j'ai dit aux parents pour mon orientation sexuelle. Ils m'ont mis à la porte ce matin. Je pars. »

Amadeus le regardait, surpris, confus. Il aperçut le sac posé sur son lit, vit que son côté de la chambre avait l'air plutôt vide. Il cligna des yeux plusieurs fois pour ne pas se mettre à pleurer.

« Mais, comment tu vas faire pour -
- J'ai de l'argent de côté. Ça fait longtemps que j'ai décidé que je voulais partir de toute façon. »


Le jeune artiste voulait retenir son frère, le serrer contre lui comme quand ils étaient petits, lui dire que tout irait bien. Mais il ne pouvait plus faire ça et il s'en voulait avec une force presque inhumaine.

« Tu iras où ?
- Ça te regarde pas. »


Il s'était levé, avait ramassé son sac et regardait son frère depuis la porte. Amadeus fixait le sol, enragé contre lui-même.

« Au revoir.
- Theo ? » dit il avec une voix étouffée.


Le jeune brun s'était retourné, mais ne regardait pas son frère. Il fixait le mur, se mordant la lèvre. Amadeus pouvait voir qu'il voulait pleurer.

« Ouais ?
- Je suis désolé. »


Theophilus ne répondit pas. Il se retourna sans le regarder et disparut dans le couloir. Amadeus pleura toute la journée et toute la nuit. Le lendemain, il préparait son sac à son tour. Il prit de l'argent à ses parents, monta rapidement dans le bus et partit pour Londres.

acte vi : lumières obscures
Tous les jours, depuis son arrivée à Londres, Amadeus cochait les cases du calendrier qu'il avait acheté. Cela ne faisait même pas un mois qu'il habitait dans cette chambre d'hôtel miteux et il n'avait presque plus d'argent déjà. Il s'ennuyait, seul entre ces quatre murs, à regarder le temps passer sans vraiment faire quoi que ce soit. Il visitait la ville des fois, mais il pleuvait presque tous les jours. Il ne peignait plus autant, il avait moins d'inspiration et surtout il ne voulait pas gaspiller le peu de peinture qui lui restait.
Il s'insultait d'avoir pris les transports en commun les premiers jours. Ces simples petits bouts de papier qui lui permettait de se déplacer avaient mangé la quasi-totalité de ses ressources monétaires. Il avait fini par voler un vélo et maintenant il s'en servait dès qu'il devait aller quelque part. C'était beaucoup plus économique.
Il savait qu'il devait se trouver un travail, pour subsister un peu plus longtemps peut-être. Mais il n'avait aucunement envie de se lever tous les matins à des heures indécentes pour se rendre à un boulot qui ne lui plaisait pas du tout. Il sombrait de plus en plus dans l'alcoolisme, consommait plus de drogues encore. Rapidement, plus rien sur cette terre ne l'intéressait.



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Il voulait voir plus loin. Défier son petit monde. Il avait pris toutes les pilules qui lui restaient et attendait de voir ce qu'il se passerait. Il s'était dit « si je fais une overdose et que je ne meurs pas, deux autres et je suis sur de ne plus faire partie de ce monde. » Il ne voulait pas mourir, mais il ne voulait pas vivre non plus. Il voulait simplement tester ses limites.
Les urgences le sauvèrent, mais il ne leur en voulait pas. Cette aventure lui avait prouvé qu'il était fort, résistant. Il était capable de tout, et il le savait. Cette nouvelle lui suffit à ne pas recommencer.
Il n'avait pas repris goût à la vie, mais son envie de défi avait su se calmer. Il buvait beaucoup moins et dormait et mangeait de façon presque normale. Il avait néanmoins toujours ce sentiment éternel de vide, de manque de quelque chose. Rien n'y remédiait et il commençait à s'habituer. Il avait également recommencé à coucher avec des filles - et des mecs trouvés dans les pubs londoniens. Ces activités étaient assez pour le maintenir dans un état plus ou moins heureux. Comme toujours, quelque chose avait fini par entrer dans sa vie et la chambouler une fois encore.

acte vii : lila
Il avait rencontré un beau visage. Une jeune fille qui saurait le maintenir en bonne santé mental. Une jeune fille qui l'empêcherait de devenir fou ou de s'auto détruire à nouveau. Il s'installait avec elle.
Elle était douce, un peu naïve, protectrice. Tout ce qu'elle voulait, c'était son bonheur. Elle l'énervait quelques fois, mais elle le laissait faire son art alors qu'elle travaillait toute la journée pour payer le loyer et la nourriture. Elle préparait les repas, faisait la lessive. Elle lui avait donné une vie plus que confortable.
En vérité, il ne peignait pas tant que ça. Il ne la laissait pas voir ce qu'il faisait puisqu'il ne faisait pas grand chose. Il passait la quasi-totalité de ses journées à regarder la télé, et parfois il se promenait en ville, mais ne faisait rien de productif. Elle était aveuglée par son amour pour lui et il en profitait.

« Fumer te tue. »

C'était une des choses qui lui déplaisaient chez elle, elle s'inquiétait trop pour lui, répétait sans cesse qu'il devrait faire attention à ce qu'il consommait, ce qu'il faisait avec sa vie.

« Vivre me tue aussi. »

Elle était sensible. Un peu trop, peut être. Elle pleurait dès qu'il montrait un petit manque de tendresse, ce qui arrivait plutôt souvent. Il s'en voulait légèrement, mais trouvait qu'elle réagissait de façon excessive.

« Tu n'es pas heureux avec moi ? »

Il la prenait dans ses bras, la calmait, la rassurait.

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Cela devait faire presque un an qu'ils habitaient ensemble quand elle lui déclara qu'elle était enceinte.

« Je pense que tu devrais trouver un emploi, comme ça -
- Attends, tu ne veux quand même pas le garder ? »


Il n'avait pas remarqué le sourire sur son visage quand elle lui avait appris la nouvelle. Il était trop occupé à fixer l'écran de la télé.

« Et pourquoi pas ? »

Elle avait l'air légèrement blessé par sa réaction, mais elle essayait de ne pas le montrer. Le jeune homme se leva, secouant la tête, regardant le plafond.

« Mais t'es folle, ma pauvre ! On est beaucoup trop jeunes ! Si tu penses que je vais gâcher ma vie pour un môme ! »

Elle avait commencé à pleurer. Ca devait bien arriver. Il n'était pas d'humeur à la calmer, il continuait juste de secouer la tête en marmonnant.

« Moi je veux des enfants. Je veux le garder.
- Putain, Lila, un gosse, tout ce que ça fait, c'est hurler et nous emmerder ! Tu veux vraiment ça ? »


Il l'avait pris par les épaules, la secouait, essayant de faire rentrer la raison dans son petit cerveau. Elle pleurait de plus belle.

« De toute façon, tu m'aimes seulement parce que je t'aime ! »

Il la regardait dans les yeux, le visage vidé de toute émotion. Lentement, il retira ses mains de ses épaules et fixa le sol.

« C'est faux. » dit - il doucement.

Elle le regardait, respirant bruyamment. Ses yeux scrutaient son visage, elle tordait ses doigts, se mordait la lèvre.

« Je ne t'aime pas. » dit - il en relevant les yeux.

Elle le regarda comme s'il venait d'enfoncer un couteau dans son ventre. Elle ne pleurait pas, elle le regardait juste. Elle n'avait pas l'air surprise, simplement blessée. Déçue. Déçue qu'il ne le lui ait pas dit plus tôt, probablement. Déçue qu'il lui ait menti.
Sans dire un mot, elle sortit de l'appartement, pieds nus, fermant la porte doucement derrière elle. Amadeus passait la plupart de ses soirées dans le pub de la rue d'en face et rentrait quand elle était couchée, s'endormait sur le canapé. Ils ne s'adressaient plus la parole.

acte viii : conclusion
C'est une semaine plus tard, lorsqu'il rentrait un peu ivre du bar, qu'il retrouva l'appartement vide. Elle était partie, emportant la plupart des affaires avec elle. Elle avait laissé sur la table basse une enveloppe dans laquelle elle avait mis de l'argent et un petit bout de papier sur lequel était écrit « Pour toi. Adieu ».
Il avait cherché un travail, car il savait qu'il ne survivrait pas sur le peu d'argent qu'il avait. Il avait trouvé un emploi à mi-temps en tant que vendeur dans un coffee shop. Ça ne lui plaisait pas vraiment, mais il n'avait pas d'autre option.
Il avait déposé des annonces « cherche colocataire » un peu partout dans le quartier, et ce n'est qu'après trois semaines que quelqu'un le contacta. Il s'appelait Lawrence - mais il insistait pour qu'on l'appelle Law - il était musicien, il était prêt à payer la moitié du loyer pour une chambre.

Lawrence et Amadeus s'entendaient très bien. Le jeune musicien avait offert des toiles à l'artiste, ainsi que de très belles palettes. Amadeus lui avait offert un porte-feuille et des chaussettes.
Lawrence avait deux emplois. Le jour, Lawrence partait très tôt pour un boulot dont il ne parlait pas. La nuit, il jouait dans les clubs. Amadeus venait souvent le voir.

« Tu devrais t'inscrire à une école d'art, » lui avait-il dit un soir, « t'es plutôt doué. »

« Si je suis doué, pourquoi prendre des cours ?
- T'es bête. Tu n'es pas parfait, tu sais. Et puis, si tu ne vas pas dans une école, personne ne saura que tu es doué. »


Amadeus y avait réfléchi. Après tout, Lawrence n'avait pas tort, mais c'était cher. Et rempli de gens. Et Amadeus n'aimait pas trop ça, les gens.

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Lawrence ne lui avait pas laissé longtemps pour réfléchir. Après un an de collocation, il partait. Il voulait s'installer à New York, vivre le rêve américain. Amadeus était triste de quitter son ami.

« Comment je vais faire pour payer le loyer ? »

Son ami souriait d'oreille à oreille.

« Je t'ai trouvé un studio à Camden Town. Tu peux emménager demain. »

Amadeus le regardait avec de grands yeux. Il ne savait pas quoi dire. Lawrence lui fit un clin d'œil.

« Ah, et je t'ai inscrit dans une école de cinéma. J'ai bien vu que tu t'intéressais beaucoup aux films. »

Les yeux du jeune garçon ne faisaient que s'agrandir, et sa bouche s'ouvrit. Il fixa son ami un moment avant de se recomposer.

« Mais je ne peux pas me payer une école de cinéma !
- Tout est réglé, t'inquiète. J'ai laissé une plaquette sur la table pour que tu la regardes. Tu peux commencer les cours dès que tu veux. »


Amadeus sauta au cou de son ami, des larmes se formant dans ses yeux.

« Putain mec, fallait pas ! Merci ! Je ne sais pas quoi dire .. »

Lawrence lui sourit, lui fit signe de la main et sortit.
Amadeus observa la plaquette qu'il avait posée sur la table. L'adresse de son nouveau studio était inscrite au dos. Les deux n'étaient pas très loin l'un de l'autre, il pouvait y aller à vélo.
Il reprenait sa vie en main.

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