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 asher ↯ yeah it's cool i'll be ok

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safari lunaire
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Messages : 50
Date d'inscription : 08/05/2016

MessageSujet: asher ↯ yeah it's cool i'll be ok    Dim 8 Mai - 8:51



asher axl adams

ft. frank iero (revenge)




Surnom: Ash ; Adams
Nom de scène: AAA, dit Triple A.

Age: 21 ans.
Date de naissance: 31|10|1959

Style de musique: post punk
Instruments: voix, guitare et un peu basse.

Origine: new jersey

Liens: il est tout seul pour l'instant %)

Orientation sexuelle: bisexuel.

Particularités: des piercings et des tatts.

Maison de disque désirée: MTI


Description physique:Asher est petit. Vraiment petit même. Relativement petit, relativement a la majorité de la populace de l'époque. Même les femmes. Ce qui est vraiment, vraiment petit. Un mètre soixante cinq pour être précis. C'est tout mignon les petites choses. Mais évitez de lui dire ça par contre, les remarques a propos de sa taille ça le vexe un peu, la petite nature. Même s'il est le premier a en rire. Un peu paradoxal le petit. À part ça, il porte beaucoup d'importance a ses cheveux. Il adore tester de nouveaux trucs, mais quand c'est moche, ben, il est totalement deg. Enfin bref, à l'instant il a les cheveux courts, rasé et blanc d'un côté avec une mèche noire qui recouvre l'autre. Je vais pas vous cacher qu'il prend quarante cinq minutes et deux flacons de cire à cheveux le matin pour fixer sa mèche contre sa joue. Sinon, au niveau du visage, il se maquille. Beaucoup. Un peu trop. En gros, il se fout du rouge sous et autour des yeux, et un peu de khol dans la muqueuse et sur les contours. Niveaux vêtements, ça varie, mais la plupart du temps juste un jean noir et un tshirt de groupe suffit. Plus ses gants squelettes qu'il porte tous les jours. Il a un écarteur dans chaque oreille, un anneau à la lèvre du bas sur le côté droit et à anneau à la narine gauche. Je vais pas faire une étude sur tous ses tatouages et leurs emplacements respectifs, mais en gros il a une sleeve complète sur son bras gauche et son bras droit n'est pas terminé. Il a un tatouage dans le cou, quelques uns sur le torse et deux sur le ventre. Ah, et un joli NJ à l'intérieur de la lèvre, dont il est fier (c'est son second tatouage, le premier étant le scorpion dans son cou qu'il a fait faire dès qu'il a eu dix huit ans). Ah oui et, il est petit. Très petit.




personnalité




Pour décrire la personnalité d'Asher, il me faudra une bonne demie heure, cinq tasses de café et quelques nuits d'insomnies. Ce n'est pas que c'est un homme compliqué, ou trop simple, bien qu'il soit un peu des deux, c'est juste que, à son inconvénient, son caractère dépend des personnes avec qui il est, du temps qu'il fait dehors, du moment de la journée, de ce qu'il a bu.. Je vais commencer par dire qu'il est très influençable. Et il est assez naïf, et pas méchant du tout. Un peu trop gentil même. C'est peut être à cause de sa petite taille, mais il se plie un peu a tout ce qu'on lui dit. Mais juste parce qu'il est comme ça, parce qu'il a un grand cœur, une bonne âme, qu'il ne veut que du bien dans la vie. Le problème c'est que certaines personnes ont tendances a profiter de lui. Mais ce qu'elle ne savent pas, c'est que Asher, c'est un peu comme Dr. Jekyll et Mr. Hyde. Tu dis ou fais le mauvais truc, et snap. Le jour se change en nuit. Il commence à te balancer des meubles. On ne dirait même pas que c'est la même personne. On aurait dit qu'il serait capable de commettre un meurtre, alors que quelques secondes plus tôt on avait l'impression qu'il n'osait même pas faire un câlin a un bisounours de peur de lui faire mal. Même en peluche. Mais sinon si il te connaît bien ou qu'il est bourré, c'est le fun absolu. L'éclate. Rien d'autre n'est important. Il faut juste s'amuser et rire et faire des blagues nulles pour savoir vivre avec lui. C'est pas mal, mais ça peut devenir lourd au bout d'un moment. Donc Asher a une sorte de dédoublement de la personnalité, mais on est sûrs de rien. Enfin, ce dont on est sur, c'est qu'il est timide. Et qu'il souffre d'anxiété. Par ça je veux dire qu'il subit des crises de paniques récurrentes, et qu'il est presque toujours angoissé, limite au bord de la paranoïa. Mais ça se soigne, il prend des médicaments. Quand il y pense. L'autre partie du temps il est distant. Vraiment distant. Surtout quand il joue. Il ne parle pas beaucoup de base, mais dans ces moments là on ne sait même plus si il écoute. Il est autre part. Il ne bouge même pas. Il regarde un point vague et il peut rester comme ça pendant des heures. C'est assez flippant. Quand il joue c'est différent, puisqu'il bouge, mais une fois qu'il est lancé ça ne s'arrête que quand il veut. C'est pour ça qu'il a du mal a jouer dans un groupe. Il a essayé, mais ça a pas super bien marché, donc il s'est résolu a une carrière solo, pour l'instant. Bon, je crois que j'ai fait le tour de la question.




histoire




5 janvier 1969 ; i have hours, only lonely
THE WHO behind blue eyes


"Asher. Asher. Asher !"

J'ouvre les yeux brusquement et fixe mon interlocuteur. Interlocutrice, plutôt. Ma thérapeute. Je soupir intérieurement. Les thérapeutes, ça sert tellement à rien. Surtout à mon âge. Pourquoi il faut que l'on me force à aller voir encore un autre médecin (j'en vois déjà tellement à cause de mes problèmes physiques, alors bon) pour qu'elle tente de s'incruster dans ma tête et comprendre mes moindres faits et gestes. Je me force à soutenir son regard. J'ai envie de tourner la tête, elle m'intimide, mais si je fais ça alors je perd. Elle semble douée à ce jeu. Ça fait presque cinq minutes qu'on se fixe sans rien dire.

"Asher, je vais te demander une dernière fois. Pourquoi tu as lancé cette chaise sur ton camarade ?"

Je ne répond pas. À vrai dire, ce n'est pas que je veux la défier. C'est juste que je ne sais pas quoi répondre. Je ne me souviens même pas avoir lancé cette chaise en plus.

"Asher, je suis pas là pour t'engueuler. Je veux juste comprendre. T'aider."

Je fronce les sourcils et fixe mes chaussures. Mes chaussures de petit garçon de neuf ans, grises et sales et trouées. Elles sont intéressantes tout à coup. Je me souviens quand ma mère me les a achetées. Elle cherchait une excuse pour partir de la maison. Elle venait de se disputer avec papa et je voyais bien qu'elle voulait être loin de lui. Elle a trouvé ces pompes d'occase, déjà un peu abîmées dans une friperie pas loin de chez nous. Elles me plaisaient pas, mais je les aie quand même acceptées parce que maman était déjà triste. Alors que j'étudie intensément les embouts des cordes qui me servent de lacets, la voix de la jeune femme me tire de mes pensées une énième fois. Je n'ai pas entendu ce qu'elle a dit, mais elle me tend un petit carnet à notes dont il manque quelques feuilles. Je le prend et l'observe longuement avant de me pencher dessus et d'y gribouiller quelques mots.

"Pourquoi voulez-vous m'aider" elle lit après m'avoir reprit le carnet.

Elle semble penser un instant, ses yeux ne quittant pas le papier. On dirait qu'elle relit mes mots plusieurs fois.

"Qu'est ce qu'il t'a dit, ce garçon ?"

Elle n'a pas répondu à ma question. Je reprend le carnet et y inscrit une réponse.

"Que j'étais petit," soupire t - elle, répétant mes pensées.

Mais ce n'est pas vrai. Il a dit des choses sur ma mère et mon père, mais je ne veux pas lui dire. Il a dit que mon père était allé dans un lit avec une autre femme que ma mère. Je sais exactement ce que ça veux dire, mais je sais que ce n'est pas la vérité. Il a dit que je n'étais peut être pas le seule fils de mon père. Il a dit que je n'étais peut être même pas le fils de mon père. Je me suis mis à pleurer. Et ensuite je me retrouve là, dans un fauteuil vert qui sent mauvais, en face d'une inconnue qui se croit supérieurement intelligente.

"C'est si grave que ça te donne une raison de balancer une chaise sur un enfant ?"

Elle semble irritée. Je ne répond pas. Elle ne comprend rien, alors a quoi bon. Je la fixe dans les yeux. Après une bonne dizaine de minutes de la guerre des regards, elle soupire profondément et commence à réarranger ses papiers. Je le prend comme le signal que je peux partir de cet endroit pourri. Je me lève et claque la porte derrière moi. Vivement la semaine prochaine.
13 mai 1971; i wait around until you leave
PENCEY PREP cotton candy


Il y a une fissure sur mon mur. C'est étrange, je l'avais jamais vue avant. Elle est grande et étendue en plus. C'est étonnant que je ne la remarque que maintenant. Mon mur est sale. Je me demande quand c'était la dernière fois qu'il a été lavé. Sûrement il y a longtemps. Ça devait être avant qu'on emménage. Pourquoi il y a le mot "ménage" dans "emménager" ? Depuis qu'on est ici, mes parents n'ont pas fait le ménage une seule fois. Ils n'ont fait que des scènes de ménages. Combien de temps ça fait qu'on est dans cette maison ? J'ai l'impression qu'on y a toujours été. Je ne me souviens même plus à quoi ressemble celle de Belleville. Je me souviens qu'il y avait un chien. Mon chien. On était heureux, tous les quatre. Mes parents s'entendaient bien. On avait plein d'argent, et une grande maison. Et j'avais plein d'amis. Ça me manque. Merde, c'est pas le moment de pleurer. Je me demande ce qui a merdé dans cette vie. Pourquoi les chose ne restent pas comme elles sont ? J'aimerais que tout soit comme avant. Les dimanches ou je regardais des films d'horreurs avec mon père toute la journée, pendant que ma mère peignait ses tableaux. Et après il m'apprenait des morceaux à la guitare. On était bien. C'est quand même con, hein, que tout ça soit parti comme ça.

"Maintenant je m'en fou de ce que tu fais, salopard !" J'entends ma mère crier du bout du couloir. "Asher, vient dire adieu à ton père !"

Adieu ? Pourquoi adieu. Adieu c'est triste. C'est trop définitif. C'est comme si on tournait la page avant d'avoir fini de la lire. Mais j'ai pas fini de la lire. Je n'en suis qu'au début. J'ai pas envie de tourner la page. J'ai pas envie de quitter cet univers qui s'est créé autour de moi. Pourquoi les choses ne restent pas comme elles sont ? Si je pouvais figer le temps pour éviter d'avoir à me traîner jusqu'à la porte d'entrée et paresseusement embrasser mon père en lui disant au revoir, je le ferais. Mais je n'ai pas ce pouvoir. Tout ce que je peux faire c'est attendre. Attendre qu'il parte. Attendre qu'il revienne. Attendre qu'il meurt avant que je ne puisse le revoir. Alors je me lève de mon lit, et je marche vers l'entrée. J'ai l'impression de marcher pendant des heures. Des jours. Je traverse des déserts et des océans. Je suis perdu en mer. C'est un voyage interminable. L'aventurier qui se perd dans la jungle et qui ne sait pas quel chemin prendre pour retrouver sa maison. C'est épuisant de voyager. Je serais un très mauvais aventurier. Je peux apercevoir mon père au bout du couloir. Il ne m'a pas encore vu. Il est entrain de s'engueuler avec ma mère, comme toujours. Elle est entrain d'essayer de le foutre dehors, comme toujours. Et comme toujours je vais devoir les retrouver, dire adieu à mon père et attendre qu'il revienne le jour d'après parce que c'est pas possible pour lui, c'est pas possible pour elle. Mes parents s'aiment, je le sais. Ils s'aiment trop même. C'est pour ça qu'ils n'arrivent pas a vivre ensemble. L'amour, c'est trop compliqué. Je me prépare mentalement à affronter le regard dur de ma mère et je reprend ma marche vers le fond du couloir. Mais cette fois il y a quelque chose de différent. Ça me prend un moment à trouver, mais finalement je la vois. La différence. La réalisation me perce le cœur comme si on m'avait enfoncé une épée dans la poitrine. Je me plie sous le coup, je ne tiens plus debout. Mon père a une valise. Normalement il n'a jamais de valise. Mon père pleure. Normalement il ne fait qu'insulter ma mère. Ma mère pleure aussi. Normalement elle ne fait que crier de façon hystérique. Je réalise autre chose. Aucune assiette n'a été cassée. Mes parents ne s'engueulent plus. Ils se regardent en pleurant silencieusement. Mon père ne va pas revenir. Je le sais. C'est injuste. Je retourne dans ma chambre le plus rapidement que je peux et je me jette sur mon lit. C'est injuste. Si j'avais pu choisir, je serais resté avec mon père.

"Asher," appelle la voix étouffée de ma mère. "Viens.. Dire adieu à ton père."

J'entend les larmes dans sa voix. Ça me répugne. Je n'ai aucune envie de venir. Je me lève subitement et regarde autour de moi. J'ai besoin de casser quelque chose. Qu'est ce que je pourrais casser. Il n'y a rien a casser. Il faut que je casse un truc. Mais quoi.
Un de mes parents dit quelque chose très bas, et la porte se ferme. Elle ne claque pas. Elle se ferme lentement. Comme une conclusion à quelque chose. Je ne peux plus retenir les larmes et je me met a pleurer de façon incontrôlable. Quelques minutes après, ma mère entre dans ma chambre, le visage rouge et gonflé. Mais je n'ai pas de peine pour elle. Je sais ce qu'elle va faire.
Elle me pousse pour que je tombe sur mon lit, et frappe le coté droit de mon visage, atteignant mon œil. Elle me regarde un moment et semble hésiter, mais finalement elle se décide et frappe l'autre coté, créant une coupure sur ma lèvre. Je gémis de douleur, me recroqueville sur moi même. J'ai envie de mourir.

"Tu n'aurais jamais du naître !"

Elle s'en va et claque la porte. J'ai l'impression que mon cœur vient de se briser en dix milles petits morceaux. Ça fait mal. Super mal. Et ça fait vide. Je suis seul.


31 juillet 1972 ; everything is my fault, i'll take all the blame
NIRVANA all apologies



Je plante ma fourchette dans mon morceau de poulet. Il a une sale gueule. Il a l'air dégueulasse. Quand je pense qu'il était vivant avant. Il devait avoir une sale vie. Comme la mienne. Pire que la mienne. J'essaie de l'imaginer avec une tête et des plumes. Ce qu'il devait être moche. Il semble déjà assez maigre dans mon assiette, j'ose pas l'imaginer en vrai. Je vais pas manger ça quand même. C'est sec et gras. Comment on peut manger ça ?

"Bon Asher t'arrêtes de jouer avec ta bouffe et tu manges. T'as de la chance que je te nourrisse. T'as de la chance que je te laisse pas crever de faim."

"Je préfèrerais encore être mort que de manger ça."

"Ah tu parles maintenant ?"

Elle n'a pas l'air surprise. Juste exaspérée. Comme si on avait cette routine tous les jours. Pas du tout. Normalement je l'ouvre pas et je reste le plus loin possible d'elle. Mais là ça m'amuse de lui répondre.

"J'ai toujours parlé. C'est toi qui ne m'écoutais pas."

Elle soupire. Je lève les yeux au ciel. Cette femme, toujours à soupirer. Je retourne a mon occupation de stabbing de poulet. Ça ne ressemble même plus à un poulet. Pas que ça y ressemblait tant avant que j'y touche, mais vous voyez ce que je veux dire.

"Je crois que je préférais quand tu fermais ta gueule."

Cette fois c'est moi qui soupire. Je me lève et me dirige vers ma chambre. J'aime pas cette vie. Mon père me manque. Je me jette sur mon lit, attrapant ma gratte au passage. C'est mon refuge. C'est ma meilleure amie. Ma seule amie. Elle est un peu vieille et sale et abîmée, et les cordes ont besoin d'être changées, mais elle joue toujours aussi bien et elle est toujours aussi belle et je l'aime toujours autant. C'est tout ce qui me reste de mon père. C'est tout ce qui me reste de Belleville. Je soupire et gratte quelques cordes. Elle est désaccordée. Elle se désaccorde vite. J'aimerais avoir assez d'argent pour acheter de nouvelles cordes. Je vais peut être recommencer a revendre des trucs volés en magasins ou piqués au lavage automatique. C'est pas très honnête mais c'est le seul moyen que j'ai pour m'acheter des cahiers de cours et des stylos. Et des feuilles de partitions. Parce que j'écris quand je peux. Enfin je ne sais ni lire ni écrire la musique, mais je me suis créée une langue musicale pour ne pas oublier les morceaux que j'écris.
Je sors une feuille à lignes de mon sac de cours et commence à y inscrire des mots. J'écris des paroles ou des textes aussi. La plupart du temps ce sont des pensées meurtrières ou suicidaires, mais parfois ce sont des phrases plus légères et amusantes. J'essaie de trouver des paroles pour le morceau de guitare que je viens de terminer de composer. Si j'y arrive ce sera mon premier morceau achevé. En général je ne finis pas ce que je fais. Je commence beaucoup d'idées et de projets mais je vais rarement jusqu'au bout.

J'ai un refrain. J'ai deux couplets. Je n'ai pas de titre. Il me manque une intro. Ça doit faire un an que je bosse sur ce morceau, et j'y tiens a cœur. Quand je pourrais me barrer de la baraque maternelle je jouerais dans les bars et les clubs. Et je jouerais cette chanson. Et je m'en fous de ce que les gens penseront. Je m'en fou si je jouerais mal. Je m'en fou si ils me jetteront dehors. Tout ce que je veux c'est jouer. Je veux vomir mon âme au public. Je veux déborder de passion pour ce que je fais sur scène. Comme le mec a ce concert que j'ai vu avec mon père une fois. Je sais plus qui c'était. Mais il était cool. Je voudrais être comme lui. Je voudrais être comme mon père. Un jour je serais comme lui. Un jour je lui rendrais hommage. Un jour, alors qu'il rentre chez lui dans sa nouvelle ville, un de ses voisins lui dira : "Hé ! Tu as entendu parlé de ce jeune homme qui joue en ville ce soir ? Il paraît qu'il a beaucoup de talent !" Et mon père, intéressé, se rendra au bar ou je jouerais le soir même, et il reconnaîtra sa guitare sur scène, et il me reconnaîtra, et il sera fier. Et je pourrais enfin le remercier. C'est pour ça que je reste en vie. Je veux revoir mon père. Je veux lui dire merci. Je veux lui dire adieu.
7 avril 1973 ; my boredom has outshined the sun
THE SMASHING PUMPKINS plume


L'école, ça craint. J'ai rien à y faire. On reste assis pendant huit heures consécutives à écouter un boulet essayant de nous expliquer comme se fait le monde. J'ai pas besoin qu'on me dissèque toutes les sciences de la terre pour savoir que j'ai rien à y faire. La vie vaut rien, la vie sert à rien. Je le sais. On va pas méditer là-dessus. Mais j'y vais pour trois raisons. La première, aussi simple soit elle, c'est que je dois obéir à ma mère. Et encore, je ne suis même pas sur qu'elle veuille que j'aille en cours, alors je ne sais pas si cette raison compte. La seconde, par contre, est plus plausible : je me fais chier. Je me fais chier et je n'ai rien à faire des mes journées. Si je vais pas en cours, je les passe allongé sur mon lit, à fixer le plafond, parce que je n'ai plus d'inspiration. C'est pas très joyeux et ça rend mon moral encore pire. Autant faire quelques de mes heures, même si c'est une perte de temps. Au moins je ne détruit pas les cellules de mon cerveau en méditant sur le nombre de fissures qu'il y a dans l'appartement. La principale raison, par contre, est probablement la troisième. Il y a un jeune garçon là-bas, avec qui je m'entend bien. Je ne sais pas si je peux dire que je m'entend bien avec lui, puisqu'on ne se parle très rarement - et encore, je ne sais pas si je peux appeler ça parler, puisque tout ce qu'on fait c'est se regarder, soupirer, ou lever les yeux au ciel à chaque remarque stupide que fait notre professeur de temps en temps. Il est presque dans tous mes cours, donc je le vois souvent, et maintenant on a commencer à s'installer l'un à côté de l'autre dans la plupart de nos cours communs. Mais on ne se parle toujours pas. On a pas vraiment besoin de se parler pour comprendre qu'on est pareil tous les deux. Mais j'aimerais bien qu'il me parle tout de même, ça me ferait une distraction. J'imagine qu'il est aussi timide que moi.


"J-j'adore ton tshirt.." j'entends derrière moi.

Je me retourne doucement et rencontre ses yeux curieux. C'est la première fois que je les vois d'aussi près. Ils sont plutôt beaux. Je me demande comment il s'appelle. Je devrais le savoir, puisque ça fait presque un an que l'on est dans la même classe, mais je ne fais pas attention aux prénoms des gens. Peut être que j'aurais dû. Je baisse les yeux pour regarder mon torse. Je porte un tshirt des Misfits, que j'ai volé il y a quelques mois. Je sens mes joues rougir, à la fois de honte à cause de ma malhonnêteté et de ma timidité naissante.

"Oh. Euh.. Merci. Je - je sais jouer quelques morceaux d'eux..."

Il hoche la tête doucement. Son regard confirme mon hypothèse sur sa timidité. Il s'apprête à dire quelque chose mais mon voisin émet un son de mécontentement fort agréable à nos bavardages, alors on se tait. Le jeune garçon me rattrappe à la fin du cours.

"Asher !" je me retourne une fois de plus, et je rencontre à nouveau ses yeux hypnotisants. Faudrait que j'arrête d'utiliser de tels adjectifs pour parler de ses yeux.

"Tiens," il me tend un papier sur lequel sont gribouillés quelques chiffres. "Je - je joue aussi. Un peu. On devrait se voir après les cours, parfois. Enfin si tu veux."

Je prend le papier et il me sourit.

"Moi c'est Dan, au fait," il regarde le sol, puis me fait un petit signe de la main. "Bon, à-à demain."

Avant que je puisse lui répondre, il tourne les talons et s'en va dans la direction inverse de celle dans laquelle je me dirigeais. Je soupire. Ca, c'était probablement le début d'une amitié historique.


3 octobre 1974; here in this world i'm waked with mistakes


La mort, c'est une destinée inévitable. C'est la chose dont tous les humains ont peur. Certains diront qu'ils n'ont pas peur, mais ils mentent. Tous les êtres vivant ont peur de mourir. Même si on contrôle notre propre mort, on a peur. Je crois même que ça nous fait encore plus peur. D'être capable de se faire ça à soi même. Parce qu'on ne peut pas se protéger de soi-même, on ne peut pas se cacher ou se défendre. J'aimerais pouvoir me cacher ou me défendre de moi même à cet instant. J'aimerais perdre le contrôle sur mes pensées, mes gestes, mes idées. J'aimerais pouvoir m'empêcher de me dire que je devrais le faire. J'aimerais effacer cette idée de mes pensées. Mais quoi que je fasse, elle est toujours présente. C'est une idée constante, clignotant comme un panneau de sortie de secours. Et c'est un peu ça, en un sens, c'est une sortie de secours. C'est une issue, un moyen d'échapper à la vie. J'ai l'impression que c'est la seule chose à faire. C'est la seule chose que je peux faire. Mais il y a tellement de choses qui me retiennent ici. Et si je pars aujourd'hui, je laisserais derrière moi toutes les choses qui me retiennent ou qui m'aurait retenu ici. Est ce que j'en ai quelque chose à battre ? Je crois que oui. Je ne veux pas mourir malheureux pour ne rien regretter. Je veux mourir heureux et le regretter tellement que je me serais battu tant que je peux pour rester le plus longtemps que je peux. Oui, c'est ça que je veux. Je veux vivre une vie tellement belle et la laisser derrière moi, je veux devenir quelque chose, être quelqu'un. Je veux pas me vider de mon sang sur le sol de ma salle de bain. Mais c'est trop demander ? De pouvoir être heureux ? D'avoir quelque chose, quelqu'un sur qui s'appuyer ? D'avoir un peu de couleur dans une vie froide et grise ? J'ai l'impression que oui. Mais je m'en fou. Même si c'est irrationnel, j'essaierais d'accomplir tout ce que je peux. Je veux créer, partager, qu'on se souvienne de moi. Être heureux et rendre heureux. Putain j'avais pas réalisé que j'avais commencé à pleurer. Putain. Putain, arrête de pleurer. Les mecs pleurent pas. Les mecs pleurent pas putain.



20 novembre 1975; i think i might just trust you, maybe
THE USED lunacy fringe


"Ces trucs vont te tuer."

Je sursaute et tourne la tête brusquement. Un mec se tient debout devant moi, un sourire aux lèvres et des docs martens aux pieds. Je baisse la tête pour regarder le sol.

"Je sais, c'est le but," je dit, laissant tomber ma cigarette avant de l'écraser.

"Tu m'en passes une ?" je peux entendre son sourire amusé dans sa voix.

"De quoi ?" Je relève la tête, fronçant les sourcils.

Je le regarde mieux. Il est habillé tout en noir.   Il porte un tshirt Iron Maiden, un jean troué et des mitaines aux mains, et a les ongles à moitié vernis.

"Une clope," il dit, souriant toujours, et s'approche de moi.

"Tu viens de dire que ça allait te tuer." je rétorque amèrement.

"Je m'en fou," il hoche les épaules, souriant toujours.

Je plisse les yeux et lui en tend une et il incline la tête, avant de l'allumer et de s'appuyer contre le mur.

"Arrête de me fixer," il dit avec un sourire amusé.

Je baisse la tête pour regarder mes chaussures.

"Moi c'est Benjamin, appelle moi Ben." Il dit, me donnant un coup de coude.

"M-Moi c'est Asher," je balbutie, mais il l'ignore.

"T'as quel âge ?" Je sens ses yeux sur moi.

"Seize ans.." je soupire, me mordant la lèvre.

"Tu viens souvent ici ?" Il demande, écrasant sa cigarette contre le mur.

J'hoche la tête timidement et il se redresse pour se poster devant moi.

"On se voit demain alors." il incline la tête une fois de plus et se retourne pour partir.

Je me laisse glisser le long du mur pour m'asseoir au sol et m'allume une troisième clope.


30 septembre 1976 ; j'opère tes amygdales labyrinthiques, que dalle
NOIR DESIR bouquet de nerfs


Je souffle, la fumée s'échappant d'entre mes lèvres, dansant un moment avant de rejoindre la nuit et de disparaître. Je retire un coup. C'est tout ce que je sais faire ces temps-ci. Fumer. Boire, de temps à autres. Me faire du mal. J'ai cette obsession naissante de découvrir, de comprendre, de maîtriser le mal dans ma vie. J'ai besoin d'avoir le contrôle sur ce que je ressens. Je suis prisonnier de moi-même.
Le bout ardent de ma cigarette atteint mes doigts et me brûle la peau. Je sursaute, la laissant tomber. Je ramasse le mégot et le regarde. Il est éteint. Comme les lumières de cette ville. J'allume une autre clope, mais je ne l'approche pas de mes lèvres. J'observe un moment la léchure qu'à laissé le papier brûlant sur la peau de mes doigts. Je la touche. Ca me fait mal. J'approche lentement la cigarette de mon bras, et, après avoir hésité un moment, j'écrase l'embout allumé contre le dos de ma main. Je ferme les yeux, laissant la chaleur pénétrer mon corps et le feu détruire les petites cellules qui me constituent. Après quelques secondes, je la retire, reprenant ma respiration. Ca fait si mal, mais ça fait tant de bien aussi. Je contemple la nouvelle marque que mon attitude auto-destructrice a laissé sur mon corps. Elle me plaît.
Je pense soudainement au garçon qui me plaît. Ses cheveux rouges, ses chaussures audacieuses, ses jeans troués.. Je tire sur ma cigarette. Ca fait un moment que je ne l'ai pas vu. Il faut dire qu'il disparaît souvent. Tant que j'y pense, ça fait un moment que je n'ai pas vu personne. Même pas Dan, alors qu'autrefois on passait tout notre temps ensemble. Peut-être que c'est moi qui commence à disparaître. Je souffle, regardant la fumée s'envoler devant moi. J'aimerais pouvoir m'envoler, moi aussi. Partir silencieusement. Rejoindre les étoiles. Mais je semble trop occupé à détruire mes poumons et la peau de mes bras.
Je ferme la fenêtre, mes os ayant soudainement froid, et m'étale sur mon lit. Je jette un coup d'oeil à ma pendule. Quatre heures douze. Ca fait des jours que je n'ai pas dormi. Même après avoir arrêté de consommer plus de cafféine que mon poids par jour, je ne semble pas trouver le sommeil. Il y a quelque chose en moi qui reste toujours éveillé, qui ne veut pas s'éteindre pour une dizaine d'heures. Ca me fait souffrir. Je ferme les yeux, repensant à Ben. J'aimerais qu'il soit là. J'aimerais qu'il caresse mes cheveux de ses doigts vernis. Qu'il me chuchote des mots rassurants à l'oreille. Qu'il soit là pour moi.
J'approche une main de ma joue. Elle est humide. Je me sens seul.
Et s'il était là ? Je lui prendrais la main. J'embrasserais le coin de sa bouche. Je poserais mes lèvres sur chaque endroit de son corps. Je tire une dernière fois sur ma cigarette avant de l'éteindre. Et je m'endors.



28 août 1977; i think you're crazy, maybe


"Putain, Ben !" je couine alors qu'il se jette sur moi pour me chatouiller. "Arrêteeee !"

Ses mains sur moi me font frissonner. J'essaie d'ignorer les papillons qui naissent dans mon ventre quand il approche ses lèvres de ma joue pour y déposer un bisou. Putain, il me drague là ? Je tente de le repousser mais ma main rencontre le mur derrière moi. Argh, je suis défoncé. J'essaie de concentrer mes yeux sur le visage de Ben mais ils divaguent, se baladent, contemplent son corps, explorent sa peau tatouée, tentent de découvrir des endroits cachés. Putain, qu'est ce que je raconte ?

"Ça va ?" il dit, souriant paresseusement.

"Pourquoi ?" je lui rend son sourire, montrant mes dents.

Il se met à rire. Je le regarde curieusement, me demandant ce qu'il y a de drôle. Mais je je pas m'empêcher de rire aussi, couvrant ma bouche avec mes mains. Il tire un coup sur le joint qu'il tient, et je l'observe, il est beau quand il fait ça, il est beau quand il fume, quand il boit, quand il rit, quand il parle, quand il sourit, alors je l'observe tirer son coup, mais il rigole tellement qu'il s'étouffe, et la tout devient dix fois plus drôle pour lui, il pleure de rire, s'affale sur moi, tout en essayant de reprendre sa respiration.

"Faut - faut que je calme mon niveau de gay," il tousse, s'essuyant les yeux. "Je vais finir en enfer."

Il se redresse et je le fixe, sentant mes joues se réchauffer. Je sourit génialement, prenant ma respiration.

"J'irais en enfer aussi alors."

Quelque chose s'éclaire dans son regard, et un rictus apparaît au coin de sa lèvre. Il sait exactement ce que je veux dire. Ses pupilles sont dilatées, mais je ne peux pas savoir si c'est parce qu'il est défoncé ou parce que je lui plait. Probablement parce qu'il est défoncé. Il me regarde dans les yeux et approche son visage, avant d'effleurer mes lèvres des siennes. J'avance ma bouche légèrement et soudain je suis entrain de l'embrasser, nos lèvres se touchent et nos langues se rencontrent et c'est la plus belle chose au monde.


23 juin 1978 ; remove your hands from over your eyes for me
TWENTY ONE PILOTS friend, please


Je suis éparpillé sur le lit de Dan, je le regarde jouer. Je n'ai plus aucune motivation pour bouger mes doigts sur les cordes. Je préfère l'écouter. Il s'arrête un instant et me regarde. Je me souviens de la première fois que j'ai vu ses yeux d'aussi près. C'était il y a quoi, trois, quatre ans ? Ça fait si longtemps que je ne l'ai pas vu, j'ai l'impression. On passe beaucoup moins de temps ensemble depuis quelque temps. Il soupire, posant sa guitare près de lui.

"Dis, Ash.. tu sais... je commence à douter." il me regarde un moment, avant de s'asseoir près de moi. "Je trouve que tu te laisses fort aller."

Je me redresse, posant ma tête sur mes genoux pliés devant moi.

"Que je me laisse aller ?" Je le regarde de façon perplexe. "C'est-à-dire ?"

"Bah... tu sais... enfin..." Il hésite. "Ash, je trouve que Ben et toi êtes fort proches..."

"Bah oui.. C'est mon copain tout de même.." Je mords l'intérieur de ma lèvre. "Je comprends pas le problème, Dan."

"Certes.. Mais je trouve que..." il marque un temps de pause, regardant autour de lui. "Que tu tournes mal."

Je commence à avoir de l'aversion pour cette conversation. Je n'aime pas trop où ça va.

"Que je tourne mal ?" Je me lève. "Explique-moi ce que tu veux dire, Dan !"

Il baisse la tête, je vois ses mains trembler légèrement.

"Ce que je veux dire, c'est que tu deviens agressif, tes yeux sont rouges, tu as la flemme de tout..." Il prend un air triste, tout à coup. Soit je l'ai vraiment blessé, soit il est très bon acteur. "Tu m'oublies aussi. Et j'ai dû te supplier pour faire une répétition. Tu te drogues ?!"

J'ouvre de grands yeux, décontenancé. J'ai du mal à croire ce qu'il vient de me dire.

"T'es en train de dire que Ben a une mauvaise influence sur moi, c'est ça ? Ben me rend heureux, putain ! C'est le seul a pouvoir me rendre heureux !" Je ferme les yeux, empêchant mes larmes de couler. Il a raison, pourtant. Je deviens plus agressif. Je suis moins énergétique. "Peut-être que j'ai changé, mais c'est pas de sa faute. C'est juste toi qui peux pas le supporter. T'es si.. Égoïste. Comment tu peux me dire ça de lui ? Tu vois même pas tout ce qu'il a fait pour moi !"

Il reste silencieux pendant longtemps. Ses yeux vont de moi, à sol, à la porte, puis de nouveau à moi. Il veut que je parte, je le sens. Mais je ne partirai pas tant qu'on n'aura pas terminé cette conversation, peu importe combien je la hais. Et au fond, je sais qu'il n'a pas complètement tort. Il baisse la tête, se mordant les lèvres.

"Ah... je... d'accord. Tu en oublierais ton pote." Il n'est plus énervé. Il a plutôt l'air ennuyé. "Tu sais, Daniel. Il existe aussi lui."

Je le regarde un moment.

"Attends, mais.. T'as écouté ce que je viens de dire ?" Je m'approche de lui. "D'où je t'oublie ? J'ai pas le droit de passer du temps avec le mec que j'aime peut-être ?"

"Ash... je.. laisse tomber." Il se lève et commence à ranger ses affaires. "Je pensais qu'on se séparerait jamais... je pensais avoir un vrai pote. Mais on me remplace, j'ai compris."

Je le fixe un moment. Je sens des larmes apparaître dans mes yeux, mais je les essuie avant qu'il puisse les voir.

"Je te remplace pas, Dan. Arrête de réagir comme ça." Je lui retiens le bras. "C'est pas ma faute si tu peux pas supporter que je passe pas chaque seconde de ma vie avec toi ! On est pas reliés à la hanche, non plus !"

"Tu comprends pas que je tiens à toi Asher ?!" Il me fixe et tire son bras vers lui. "T'as pas encore compris que je t'aime ?!"

Je serre les dents. Mais quel imbécile, putain.

"Tu me reproches d'être heureux ?" Je dis d'une voix très basse. Je le fixe, mes mains en poing. "Je vois. T'es comme ça."

"J'ai j-jamais dis ca... je... je... je suis désolé..."

J'essuie mes yeux, mais c'est trop tard. Mes joues sont trempées.

"Non mais je comprends, hein. Ton confort est plus important que le mien." Ma voix s'étouffe. "T'es plus important que moi, quoi. T'es égoïste, quoi."

"J'ai jamais, jamais dis ça..." Il baisse les yeux et se rapproche de moi.

Je secoue la tête doucement, avant de regarder sur le côté. Je ramasse mes affaires et rejoins la porte. Je me retourne, le regardant, mais ne dis rien.

"Ash... me laisse pas..." Il me prend le bras, des larmes apparaissant dans ses yeux.

Je le repousse doucement, fixant le plafond pour empêcher des larmes de tomber à nouveau. "C'est mieux comme ça," je soupire.

Je contemple ses yeux une dernière fois avant de me retourner et de fermer la porte derrière moi. Je l'entends sangloter dans sa chambre. Ses pleurs me percent le cœur, mais je sais que je ne peux pas y retourner. C'est mieux comme ça. Je rentre chez moi en pleurant.


16 mars 1979 ; your head will collapse if there's nothing in it
THE PIXIES where is my mind


La fureur s'empare de moi. Je casse les vitres de ce bâtiment abandonné, je frappe contre les murs. Je caresse le verre et le béton qui constituent cet endroit de la batte de baseball que mon père a laissé derrière lui. Je m'en fiche si je la détruis. Elle n'a aucune valeur à mes yeux. Je frappe. La douleur me regarde en face. Je baisse le regard pour observer mes doigts gonflés et rougis. J'ai frappé avec mon poing. Brusquement, et s'en que je puisse rien y faire, des larmes coulent de mes yeux, son nom naît dans ma gorge, et je m'étouffe. Je l'aime, mon dieu, je l'aime, et mon amour passionné me fait aussi mal que ma main endolorie. Je me fissure. Je me fissure de tout mon être. Mon visage est fracturé, brisé, ma peau et mon cœur me brûlent. Je ne peux verser des larmes sans ébouillanter mes yeux et mes joues. Mon dieu ça fait mal.
Je pense à lui, à son odeur de café mêlé au tabac. À ses yeux foncés, si tendres quand il les pose sur moi. Au goût de ses lèvres, de ses joues, de son cou. À la douceur de ses caresses. Il m'enivre, me défonce, sa simple présence suffit à calmer mes furieuses addictions. Et quand il n'est pas là, je me sens vide, incomplet, en manque. Je suis adonné à lui. Il réorganise le désordre au fond de moi, me redonne un souffle, une couleur, avec lui, je peux voir de nouveau, je ne suis plus échoué. J'ai besoin de son esprit près de moi pour respirer. Je dépends de son être. Ma conscience se perd sans lui.
Doucement, je sors la petite boîte, qui appuie contre mes côtes, de ma poche. Je l'observe un moment. Ça doit faire quelques mois que je ne l'ai pas ouverte. Mais j'en ai besoin. Je retire lentement son couvercle, et prends trois petites pilules. Je les avale. Et, dans un éclat de rire, je me laisse tomber au sol. J'attends que le poison malin fasse effet sur moi, j'attends que mon esprit se perde, une fois de plus, j'attends sans aucun bruit.


11 décembre 1978 ; i'm trying to let you know just how much you mean to me
MY CHEMICAL ROMANCE demoliton lovers


Je l'attends, assis sur un banc, regardant la pluie tomber. Il doit avoir au moins une demie heure de retard. Ça ne m'étonne pas de lui. Le soleil est en train de se coucher. La lune illumine déjà le sol mouillé. Quelques étoiles apparaissent dans le ciel. Je tremble. J'ai froid, tout à coup. Qu'est-ce qu'il fout putain ? Je passe une main sur mes bras gelés, puis décide d'allumer une cigarette pour passer le temps. C'est la dernière de la boîte. Il faut que je me calme sur ma consommation de nicotine. Je suis pas accro, je me fais juste chier. Et j'aime ça. J'aime comment la fumée pénètre mes poumons, les chatouillent, les détruits lentement. J'aime comme les cigarettes me consument, me brûlent de l'intérieur. Ça me réchauffe.
Je l'entends s'approcher et me retourne. Ses cheveux ardents sont ternes devant le manque de lumière. Ses mèches colorées sont collées à son front mouillé par la pluie. Sa veste est trempée. Ça fait un moment qu'il est dehors, et pourtant il habite tout près d'ici. Je me lève pour lui faire face.

"T'étais où ? Ça fait presque une heure que je t'attends.."

Il hausse les épaules, comme si c'était une réponse suffisante, et enfouie ses mains dans ses poches. Il fixe un moment la cigarette que je tiens dans mes doigts, mais ne regarde pas mes yeux. Je la lui tend. Il ne bouge pas. Je m'approche pour déposer un baiser au coin de sa bouche mais il s'éloigne. Je recommence, un peu hésitant, mais il me repousse cette fois. Je cligne des yeux, reculant un peu.

"Qu'est-ce qui se passe ?" Je murmure. "Qu'est-ce que t'as ?"

Il regarde sur le côté. Il sort ses mains de ses poches pour se tordre les doigts. Puis il me regarde dans les yeux.

"Écoute, Ash." Sa voix n'est presque qu'un chuchotement. "Il faut qu'on parle."

Mon souffle se bloque dans ma gorge. J'ai du mal à respirer, tout à coup. Il me regarde un moment. Ses yeux scintillent autant que l'anneau accroché à sa lèvre.

"De.. De quoi tu veux qu'on parle ?" Je fixe le sol, clignant des yeux pour empêcher les larmes d'apparaître. Je peux pas pleurer. Pas devant lui.

Il soupire. Il passe une main dans ses cheveux mouillés. Il regarde ma bouche. Puis mes yeux.

"Je... Je peux pas rester avec toi." Ma cigarette s'éteint dans mes doigts. Mon cœur fait de même. "Il faut qu'on se sépare."

Je peine à avaler. Je le fixe. Il se mord la lèvre. Je l'imite. Je respire doucement pour essayer de garder une voix stable.

"Il y a quelqu'un d'autre, c'est ça ..?" Je dis d'une voix presque inaudible.

Je vois quelque chose passer dans son regard. Il cligne des yeux.

"Non, Asher. C'est toi le problème." Il secoue la tête. "Je peux juste pas rester avec toi."

Ses mots me déchirent de l'intérieur. Mes organes fondent. Mes os se décomposent. Je ne tiens plus debout.

"Qu'est-ce que j'ai fait ..?" Je soupire faiblement.

Il se mord la joue, secouant la tête une fois de plus. Son regard n'est plus pareil. Il a changé. Il y manque quelque chose. De l'amour, peut-être. Comment je n'ai pas vu ça plus tôt ?

"Tu... changes. Tu as changé. Tu n'es plus le même." Je fronce les sourcils.

"Qu'est-ce que je peux faire, alors ?" Je m'approche de lui, je tends la main. "Comment je peux arranger les choses ?"

Il grimace, regarde sur le côté. Il secoue la tête encore une fois.

"Tu ne peux pas." Il soupire. "Je ne t'aime plus comme avant."

Mon cœur se désintègre. Mes respirations me brûlent la gorge. Mes yeux me picotent. Tout mon corps souffre. Je regarde ses yeux. Je me rends compte qu'il a pleuré. La tristesse s'empare de moi.

"Pourquoi ?" Je sanglote. Je ne peux plus contenir mes larmes.

Il s'approche, mais hésite. Il me regarde avec tendresse. Ça me fait mal de voir de la douceur dans ses yeux après ce qu'il vient de me dire.

"C'est comme ça. Je suis désolé."

Il parle si bas que je ne sais pas s'il a vraiment dit ça ou si je l'ai imaginé. Je fixe le sol, pleurant doucement. Il prend ma main dans la sienne, s'approchant un peu plus. Je ferme les yeux.

Il dépose sur mon front un baiser atrocement délicat.

Je n'ose pas rouvrir les yeux, de peur qu'il ne soit plus là, qu'il soit déjà parti, qu'il ait disparu si tôt de ma vie. De peur de le voir se retourner et s'éloigner de moi pour toujours. Je ne veux pas le voir partir, je ne veux pas le voir me tourner le dos, tourner le dos sur toutes ces années qu'on a passé ensemble.

Il passe doucement une main sur ma joue, et j'ouvre les yeux malgré moi. Mon regard rencontre le sien. Ses yeux sont rouges et mouillés. Lentement, il libère ma main et l'abandonne à sa solitude première.

Et enfin, d'une façon douloureusement lente, il s'en va, il disparaît de ma vie, pas après pas, son cœur s'éloigne du mien, ses lèvres que j'ai embrassées tant de fois ne me regarde plus, ses yeux non plus, et il part, il marche, loin de moi, sans se retourner, et je tombe, je m'effondre, brûlé par mon propre chagrin, je pleure, je sanglote, je meurs, à maintes reprises, de maintes façons, il me laisse là, dans le froid, sur le sol mouillé, complètement détruit, à laisser la pluie gelée me tomber dessus. Et je m'endors.





behind the screen






hey alors moi c'est Low, ravie de faire ta connaissance. nan je déconne. je hais les êtres humains. mais reviens, je vais pas te mordre ! bon j'ai 15 ans (oui je sais que c'est conseillé d'avoir plus de 16 ans mais je suis tellement immature que ça fait rien). je fais du rp depuis environ cinq ans, mon style a évolué je vous rassure %) un petit détail ; j'écris à la troisième personne, je sais pas si ça pose problème. ah oui et il me semble que le code du règlement c'est rock on !. bon voilà merci les gens et souvenez vous, j'aime les câlins.


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Dernière édition par Admin le Dim 8 Mai - 9:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: asher ↯ yeah it's cool i'll be ok    Dim 8 Mai - 9:05




fin de l'histoire




2 février 1981 ; i bless you madly, sadly as i tie my shoes
DAVID BOWIE cygnet comittee

Je pars. Je m'en vais. Je m'échappe. Plus rien ne me retient ici. Ma mère n'en a plus rien à faire de moi, ça doit faire trois ans que je n'ai pas parlé à mon seul ami et le seul mec que j'ai aimé m'a laissé tombé il y a plus d'un an déjà, et je ne m'en suis toujours pas remis. Il faut que je change d'air, que je vois du nouveau. Je pourrais peut-être aller en Californie. Je crois avoir pris assez de blé à ma mère pour le voyage et survivre une semaine là-bas. Même si j'y meurs, je m'en fou, c'est toujours mieux que de mourir ici.
Je soupire, regardant la buée chaude sortir d'entre mes lèvres et rencontrer l'air glacial du mois de février. J'écrase ma cigarette à moitié terminée contre le mur derrière moi et laisse tomber le mégot au sol. Je m'avance en direction du bus pour New York. Le départ est prévu pour 23h06. Dans qunize minutes, je me serais envolé de cette ville pourrie. Je serais libre. Je pourrais enfin voyager, voir de nouvelles choses, de nouveaux gens, vivre pour de vrai. Je m'installe au fond du véhicule, et pose ma tête contre la vitre enbuée. Je me sens bien, mais je me sens triste. Pourquoi ? Je n'ai aucune raison de me sentir triste. Je n'ai aucune raison de regretter ce départ. Tout ce que je veux c'est foutre le camp d'ici. Pourquoi cette hésitation, alors ? Pourquoi cette boule dans mon ventre et dans ma gorge ? J'aurais voulu que ça se passe autrement, après tout. J'aurais voulu avoir une vraie enfance, heureuse, longue. J'aurais voulu grandir moins vite, voir mon père partir plus tard, ou pas du tout. J'aurais voulu que ma mère m'aime autant que je l'aime. J'aurais voulu que tout se passe bien avec mon ami. J'aurais voulu que quelqu'un m'aimât autant que j'aimai ce jeune garçon aux cheveux rouges qui faisait palpiter mon coeur. En fin de compte, j'aurais voulu avoir une raison de rester ici. De ne pas partir le coeur rempli de regret.
Le bus démarre. Je regarde par la fenêtre, les petites gouttes de pluies frappent contre le verre froid. Au fond, je sais que ce qui va me manquer le plus en Californie c'est la pluie et l'air glacé de cette ville.
J'allume une cigarette. Promis, après celle-là, j'arrête. Je me dis que l'air du ouest ça me changera.

"Excusez-moi..." Je tourne la tête sur la gauche et fais face à une jeune femme, de mon âge probablement, qui semble avoir l'air triste. "Pourriez-vous éviter de fumer dans le bus ?"

Je la regarde un moment avant de tourner la tête et de continuer de fumer.

"S'il vous plaît.." elle dit d'une petite voix. Je la regarde à nouveau, et remarque que sa main est posée sur son ventre arrondi. Elle est enceinte. "Je suis asthmatique et -"

"C'est bon, c'est bon.." je soupire, jetant ma cigarette par la fenêtre à moitié ouverte.

Je la regarde. Elle me sourit faiblement. Je soupire à nouveau, et tourne mon regard vers la fenêtre. La pluie a cessée de tomber. Après une vingtaine de minutes de trajet, le bus ralentis enfin devant mon arrêt.

"Bonne chance.." la jeune fille me dit en me voyant me lever. Je lui rend son sourire.

Je descend du bus et rencontre un froid glacial. J'enfile mes mitaines, enfonce ma capuche sur ma tête et sors une cigarette. Je marche jusqu'à mon prochain arrêt, laissant la nicotine et la fumée me réchauffer de l'intérieur. Une minute de marche, dix minutes de trajet, et je serais un nouvel homme. Je peux enfin respirer. Je cours. Je m'évade. Je m'envole.




Les gens ! Hey ! Oui, j'ai enfin fini ! Mon histoire est terminée (j'ai mis le dernier passage ici parce que j'avais plus de place dans mon premier message hahaha) donc vous pouvez aller la lire - ça me ferait vraiment vraiment plaisir parce que j'y ai versé toute mon âme ! Bref, j'espère que vous êtes contents, ça m'aura pris environ quatre mois après tout, c'est pas rien... %)
Et EJ, je poste la rep à notre rp juste après ! Bisous les potes I love you
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asher ↯ yeah it's cool i'll be ok
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